49ème parallèle

Publié le par Herodonte

Ortus Films Ltd.

Synopsis : Au début de la seconde guerre mondiale, un sous-marin allemand est coulé près des côtes canadiennes. Les autorités vont alors tenter d'arrêter un groupe de rescapés commandés par le lieutenant nazi Hirth.

Mon avis :

Michael Powell est en 1941 un réalisateur assez connu. Il a son actif quelques films que je n'ai pas vu mais que la critique de l'époque a salué. Le gouvernement britannique décide de lui confier un film de propagande ( contre le nazisme) comme il s'en faisait beaucoup à l'époque et comme il s'en fait toujours. C'est ainsi que Michael Powell se retrouve à diriger 49ème parallèle, long-métrage assez méconnu par rapport au reste de sa filmographie. 49ème parallèle sera le commencement d'une longue collaboration entre Powell et Emeric Pressburger.

   49ème parallèle est l'histoire d'un groupe composé de cinq nazis, rescapés d'un sous-marin, qui se retrouve au Canada tentant de rejoindre les États-Unis pour être protéger diplomatiquement. Il faut comprendre qu'à la sortie du film, les États-Unis sont encore relativement neutre. C'est donc une sorte de road-movie un peu original auquel le spectateur va assisté pendant près de deux heures.
Original parce que nous suivons le parcours de " méchants" même si Powell et Pressburger ( le scénariste) ne tombent pas dans les clichés qu'on attend, ils les désamorcent à travers ce qu'est le road-movie: un questionnement permanent de soi. En effet, au fur à mesure de l'avancée dans ces terres, les nazis voient leur idéologie mise à rude épreuve. Des doutes apparaissent. L'exemple le plus frappant est Vogel. Soldat obéissant au début du film, il devient ,à la rencontre d'une jeune fille et de sa communauté où règne la liberté, beaucoup plus ouvert et oublie son rôle de militaire, se souvenant du bon temps où il était boulanger et où il n'avait personne à tuer. Cette séquence touchante permet d'humaniser ces hommes qui ne se sont pas toujours enrôlés par pur plaisir. Seul le lieutenant Hirth restera droit dans ses bottes.
Un questionnement de soi mais aussi et surtout un affrontement idéologique permanent ( ça reste un film de propagande) entre le nazisme et la liberté. Un affrontement pas toujours d'une grande finesse. Les démocrates sont souvent vus comme des gens aimables, collectifs, ouverts à la discussion mais qui peuvent coller quelques roustes alors que les nazis sont perçus comme des individus viriles prônant le collectivisme mais qui face aux dangers deviennent des lâches... La nuance sur les personnages ne s'accompagne pas toujours de celle sur l'idéologie.



   Néanmoins, le film n'est pas seulement une histoire de politique, d'idéologie mais il reste un divertissement accessible à tous ( de par sa nature propagandiste). Le rythme est excellent, jamais de coups de mou. L'atmosphère un peu lourde du film est parfois atténué par de l'humour. Et surtout, il y a de véritables scènes de suspense comme "la marche vers la mort" de l'écrivain ou encore celle où les nazis se retrouvent dans la foule à qui l'ont vient de dévoiler leurs signalisations. Il ne faut pas oublier que c'est une chasse à l'homme. Le réalisateur peut donc jouer avec les nerfs de son public.
Le talent de Powell se ressent. La réalisation est inspirée même si elle n'atteint pas une certaine qualité qu'on retrouve dans ses autres films comme les Chaussons Rouges ou le Narcisse Noir. Cependant, les cadres sont magistralement sublimés par une profondeur de champs dans les scènes d'extérieurs. D'ailleurs, 49ème parallèle dispose d'une belle photographie même si le support DVD ne lui rend pas toute sa superbe. Pour finir, le montage est presque sans faute. Il permet la fluidité d'une narration qui aurait pu être bien paresseuse.

En résumé, 49ème parallèle est un excellent film mais loin d'être le meilleur de Michael Powell ou de son duo avec Pressburger. Son combat idéologique pourra en dégoûter certains.




Publié dans Critiques

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