Black Christmas

Publié le par Hérodonte

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Mon avis :

Black Christmas est considéré comme le premier film posant les bases d'un sous-genre de l'horreur, le slasher. Par conséquent, c'est le premier slasher. Un titre dont les historiens du cinéma essayent souvent de lui ravir au profit de Psychose de Hitchcock ou encore Le Voyeur de Michael Powell ( Wes Craven considère que c'est le premier slasher dixit son interwiew dans les Cahiers du Cinéma d'Avril 2011 ). Cependant, il paraît bien évident que ce film de l'américain Bob Clark pose les bases d'un genre qui va atteindre son apogée de la fin des années 70 au milieu des années 80 avec des titres comme Halloween - La nuit des masques, Freddy, Vendredi 13 pour ne citer que les plus populaires ( puis réactualisé dans les années 90 avec Scream). Tout y est. Objets tranchants, vue subjective soulignant l'apparition du tueur, groupe de jeunes, déroulement des meurtres, violence exacerbée ( pour l'époque), tueur psychotique surpuissant etc etc... Malgré tout, on peut se demander si en 2011, Black Christmas fonctionne toujours pour un spectateur averti et si il est autre chose qu'un moment d'Histoire.


   Tout commence dans une confrérie étudiante qui reçoit d'étranges appels en cette merveilleuse période de Noël. La psychose s'installe petit à petit quand une des étudiantes disparaît le soir d'un des appels...
Après ce court synopsis, rentrons dans le vif du sujet. Ce que le film ne fait pas vraiment. Nous avons droit à une première heure assez longue où le réalisateur tente maladroitement d'approfondir ses personnages, de mettre une tension qui peine réellement à monter. Une tension qui semble pourtant bien promise dès l'introduction quand, à travers les yeux du tueur, on entre dans la maison à l'abri du regard de ses occupantes. Elle est encore palpable quand le premier meurtre arrive très rapidement et d'une forte belle manière. Mais ça redescend assez vite, même si elle reste toujours présente grâce à une scène récurrente. Celle d'une femme assise sur une chaise, la tête emprisonnée dans un sac, l'air statique de quelqu'un qu'on étouffe, avec comme fond sonore les paroles angoissantes du tueur.

   Pendant cette heure un peu molle, on se demande pourquoi le scénario s'attarde sur des personnages comme celui du père de Claire dont la fonction ( celle d'alerter de l'absence de sa fille à un rendez-vous) aurait pu être tenu par n'importe quel personnage déjà introduit. Malgré tout, cet approfondissement des personnages apportent une crédibilité au film. Les personnages ne sont pas uniquement présents pour servir de chair à tranchants au Tueur. Ils existent. Ils existent à travers des défauts ( alcoolisme) ou encore des problèmes "existentiels" ( l'échec d'un rêve, l'avortement). Des problèmes qui paraissent liés, mystérieusement, aux névroses de l'assasin.
Sans compter la touche d'humour qui permet aux spectateurs de souffler un peu, de ne pas être pris dans cette torpeur assommante. D'ailleurs, il y a le personnage du flic un peu benêt mais pas méchant qu'on retrouvera plus tard dans Scream avec Dewey. Craven ne considère pas Black Christmas comme le premier slasher mais il s'en inspire énormément notamment avec l'utilisation du téléphone...
C'est donc une première heure lente qui arrive tout de même à tenir, même difficilement, l’intérêt du spectateur. La mise en scène est sobre, bien pensée et la présence de cet aura meurtrier se fait toujours sentir.

Et puis, la dernière demie-heure arrive. Et là, c'est l'apothéose. Le rythme s'emballe. La tension augmente soudainement. Les morts s’enchainent (raisonnablement). On flippe.
La magnifique scène de meurtre dans la chambre met tout le monde d'accord. Sur un montage parallèle, des enfants chantant au seuil de la porte une chanson de Noël à un des protagonistes, on regarde impuissant le Tueur poignardé une pauvre victime endormie avec une licorne en verre. Scène sublime, tout en ralentis, silencieuse ou presque, suggéré (on ne voit que la main de la victime en sang et l'arme s'abattre machinalement sur un corps bientôt sans vie) mêmes images superposés de façon différentes créant ainsi une atmosphère particulière. Parfait. Et effrayant.
Et je ne parle même pas de la fin. Une fin qui coupe le souffle, d'une suggestion épouvantable ( ceux qui l'ont vu comprendront). Bien pire que si l'on voyait tout.


On connait les codes du genre, le film met du temps à s'emballer mais Black Christmas fonctionne toujours. Une atmosphère étouffante surtout vers la fin, une mise en scène astucieuse et une Margot Kidder ( la futur Lois Lane dans le Superman de Richard Donner) jolie... Que demander de plus ?!

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3 e¦ütoiles et demi

Publié dans Critiques

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