Black Swan

Publié le par Herodonte



Synopsis : Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...

Mon Avis :

Avant-première UGC Ciné Cité Bercy: Le réalisateur était détendu, plutôt cool et on a pu lui poser quelques questions. Vaguement intéressant mais la partie débat se déroulait au MK2 Bibliothèque.

Darren Aronofsky... Darren Aronofsky ! Ce réalisateur ne laisse personne indifférent. Pour certains, c'est un génie et pour les autres un réalisateur surestimé. Tout commence par le premier long-métrage du monsieur, Pi. Une sorte de thriller mathématique où le personnage principal cherche Dieu dans les chiffres et finit par en devenir paranoïaque. Film plutôt intéressant mais qui supportait quelques défauts. Cependant, cela présageait d'un réalisateur à suivre. Le prochain film de Aronofsky, comme vous le savez tous, est Requiem for a Dream. Un film que je considère comme un petit chef-d'œuvre. Requiem for a Dream suivait le "destin" de quatre personnages dévorés par les drogues et obsédés par cette idée de réussir, d'atteinre leurs buts. Tout cela se finissait dans un final assez terrifiant. Et puis vient ensuite The Fountain, un projet qui tient à coeur le réalisateur mais qui se révèlera être à double-tranchant sur cet esthétique qui laissera beaucoup de gens sur la "route" et pour le côté New-Age. J'ai un avis partagé sur ce film. Finalement, on arrive à The Wrestler. Dégringolade de Darren Aronofsky qui signe un film anecdotique, médiocre qui repose seulement sur la "gueule cassée" de Mickey Rourke.
C'est sur cette dernière impression que me laisse le réalisateur avant de voir Black Swan. Je n'étais donc pas rassuré sur la capacité d'Aronofsky de nous tenir en haleine sur une histoire de rivalité de danseuses de ballet. Et pourtant... Pourtant, il y arrive à la perfection ( ou presque) à ma grande surprise.

Nous suivons donc l'histoire de Nina ( Natalie Portman), danseuse de ballet, qui essaie avec l'aide de sa mère un peu trop envahissante de devenir la meilleure danseuse possible et de décrocher enfin un premier rôle notamment pour le célèbre ballet de Tchaikovsky, Le Lac des Cygnes. Et c'est le début des problèmes pour Nina. Tout le monde veut sa place et elle doit faire face à un professeur tyrannique, séducteur, perfectionniste incarné par l'excellent Vincent Cassel. Elle tombe petit à petit dans la paranoïa, la peur de ne pas être parfaite dans un monde où la perfection est une condition indispensable... Au moins dans l'apparence, dans le faux semblant.

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France

Darren Aronofsky nous emporte alors dans ce tourbillon de folie qui entoure progressivement l'héroïne qui se doit d'être la meilleure mais qui a dû mal à atteindre cette perfection à cause d'une rigidité maladive. La caméra effectue, tout comme les danseurs, son propre ballet. Elle tourne, virevolte dans une chorégraphie complètement hypnotisant qui laisse le spectateur happé par cette histoire dont il restera abasourdi jusqu'à la fin.
Les nombreux jeux de miroirs sont là pour souligner cette recherche de la perfection ou de l'imperfection a corrigé. Ces miroirs sont aussi là pour montrer les terribles facettes de la personnalité des danseurs ainsi que la faiblesse de ce monde de beauté. Car un jour ou l'autre, les imperfections seront trop grande pour être cacher. Malheureusement, même si c'est bien mis en scène, il y a un côté un peu grossier dans ces nombreux miroirs qui parsèment Black Swan. On voit assez vite où il veut en venir. Mais de toute façon, Darren Aronofsky n'est pas un cinéaste très fin de manière générale.

Visuellement, le film emprunte beaucoup au précédent, The Wrestler. C'est des lumières très crues qui ne cachent absolument rien de la réalité. Black Swan est assez grisâtre. Les décors principaux sont des endroits austères comme les rames de métro, les toilettes d'une boîte de nuit ou encore les couloirs qui mènent aux salles de danse. Lieux où Nina passe la majorité de son temps comme pour contraster avec sa beauté, la beauté quand elle se met à danser rayonnante sur scène. Il y a un vrai travail dessus assez important pour le noter.
D'ailleurs, globalement, le film est assez terne. Ça ne respire pas la sérénité. L'exemple de la Chambre de Nina est flagrante. Une chambre rose mais d'un rose effacé et finalement peu rassurant. Rien n'est fait dans le film pour se sentir à l'aise même visuellement. Ce n'est pas un monde de bonheur.

MAIS tout comme Nina, Black Swan peine à atteindre la perfection. Je le disais un peu avant, c'est la grossièreté du réalisateur. Je précise. La grossièreté du réalisateur dans le traitement psychologique du personnage incarné par Natalie Portman. Darren Aronofsky nous présente Nina dans une chambre rose avec des peluches en rajoutant une mère envahissante qui fantasme quelque peu une carrière qu'elle n'a pu avoir sur sa fille. BAM. Le panneau " vous connaissez le chemin" pointe le bout de son nez. On sait très bien dès les premières minutes comment va se dérouler l'évolution psychologique de Nina. Un peu plus de nuance, un peu moins de stabylo pour surligner tout ceci aurait été bienvenu mais bon c'est Darren Aronofsky. Et contrairement à The Wrestler, cela passe beaucoup mieux dans Black Swan. Et surtout ça nuit  peu au film.

Natalie Portman et Mila Kunis. Twentieth Century Fox France

La musique prend une part importante également dans le film. Logique. Je ne reviendrai pas sur la musique classique qui entraîne toute l'histoire mais sur la composition de Clint Mansell que je trouve encore une fois très juste. Elle est aussi changeante que les différents sentiments qui parcourent les personnages. Seul hic mais c'est pas de sa faute. Une utilisation peut-être trop grande de musique pour souligner ce qui se passe à l'écran mais ce n'est pas trop gênant.

Pour conclure, Black Swan est un film réussi où Darren Aronofsky améliore ce qu'il avait fait sur The Wrestler. C'est un film viscérale qui nous embarque jusqu'à la fin. Une fin qui, contrairement à l'ensemble du film, est parfaite. Les acteurs sont bons ( même si Natalie Portman est excellente, on a cette impression qu'elle joue pour l'oscar...) et à ma grande surprise même Vincent Cassel. Black Swan méritera une deuxième séance quand il sortira officiellement au mois de Février. Je met ma petite pièce sur Black Swan pour les prochains Oscars...

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France



Publié dans Critiques

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Commenter cet article

Juliette 22/02/2011 11:27

Bon film mais comme Hérodonte l'a souligné le manque de subtilité m'a vraiment gênée. De nombreuses scènes assez inutiles censées choquer le spectateur mais qui n'y parvient pas vraiment (en tout cas avec moi). Bon jeu de Portman mais là encore pas assez subtil à mon goût. Restent les scènes de ballet absolument sublimes.

Jérémy 20/02/2011 13:57

Bel article.
J'ai été émerveillé du début à la fin. Ce film est vraiment une belle réussite.

Hérodonte 11/02/2011 01:54

@PierreAfeu:

Ce sont des défauts qui m'ont parut mineurs puisque, je dois avouer, j'ai été pris dans ce tourbillon. Dans ton cas, j'imagine que ça m'aurait beaucoup plus sauter aux yeux.

pierreAfeu 10/02/2011 11:50

Les petits défauts que tu pointes à juste titre, mais que tu ne trouves pas gênants, le sont davantage pour moi. C'est sans doute pour cela que le film ne m'a pas embarqué.

Hérodonte 18/01/2011 19:01

Bonjour Dasola,

Pour moi, Black Swan est une version améliorée de The Wrestler sio est beaucoup plus intéressante. Cependant, si tu n'as pas aimé Requiem for a dream ( son meilleur film), je ne pense pas que Black Swan te fera aimer le travail du réalisateur. Mais on sait jamais...