Cheval de guerre

Publié le par Hérodonte

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Steven Spielberg ou pas à la barre, l'histoire d'une amitié entre un jeune homme et un cheval séparés par la Grande Guerre n'augurait absolument rien de bon. Et pourtant cette adaptation du roman éponyme de Michael Morpugo se révèle être un véritable petit bijou comme on en voit rarement au cinéma. Il ne faut jamais douter du maître...


Pourtant, la première heure laissait présager du pire. Épurant son style (et celui de son directeur de photographie Janusz Kaminski), Spielberg renoue le temps d'un film au classicisme hollywoodien proche d'un John Ford. Un style qui donne alors un côté kitsch à cette heure d'introduction un peu laborieuse dans cette campagne anglaise où le cinéaste pose cette amitié entre Albert, le jeune homme, et Joey, le cheval. Où il pose le drame familiale mais également la guerre qui s'annonce.
Et puis, le moment de la séparation forcée vient. Le père d'Albert vend Joey à l'armée anglaise pour pouvoir payer le loyer qu'il doit au propriétaire de son terrain. Albert, en larmes, promet alors à Joey de le retrouver. A partir de ce moment-là, de cette séparation, Cheval de Guerre (War Horse en version originale) entre dans une toute autre dimension.


A travers une maitrise époustouflante de la mise en scène, le réalisateur américain donne à l'épopée de Joey un souffle lyrique, épique. Lancé dans ce conflit, ce cheval est le témoin de cette guerre et de son absurdité donnant des moments sublimes,émouvants comme la soudaine prise de conscience d'un soldat qui s'approche brutalement de la mort. Si, au premier abord, le film semble être d'une niaiserie sans nom, c'est bien mal percevoir le message de cet humaniste blessé qu'est Spielberg. En ces temps troublés, les valeurs ne sont plus les mêmes. Les hommes sacrifient la jeunesse, ne semblent pas toujours comprendre l'absurdité de cet affrontement. Seul Joey, somme de valeurs universaliste, parviendra à les rassembler, un court instant, dans une scène magnifique entre deux soldats ennemis qui tentent de libérer le cheval des barbelés dont il est prisonnier.
Fil rouge du récit, le cheval d'Albert traverse de nombreux paysages et rencontres de nouvelles personnes. Ces rencontres donnent de multiples facettes à la narration apportant des histoires dans l'Histoire. De la petite fille française vivant avec son grand-père (partie un peu faible mais rattrapée par la petite histoire des pigeons, récit métaphorique de la mort de ses parents) aux jeunes soldats allemands qui veulent s'échapper de cet enfer, Cheval de Guerre regorge de grands moments. D'un cheval propulsé à vif allure dans les tranchées pendant les opérations, d'une mort voilée par les pâles d'un moulin ou encore de la scène de fin, Steven Spielberg démontre encore une fois qu'il excelle dans l'art de raconter des histoires et surtout qu'il n'a rien perdu de son talent de cinéaste. La mise en scène est époustouflante !!


Cheval de Guerre est probablement l'un des meilleurs films de l'année 2012. C'est un film ambitieux, beau (Janusz Kaminski a fait un travail formidable), poétique, épique qui n'oublie pas l'intime et touche forcément le spectateur un peu intelligent qui ne se laisse pas aller au courant cynique, trash du cinéma américain actuel. Cheval de guerre est un grand film.

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4 e¦ütoiles et demi

Steven Spielberg par Hérodonte : Minority Report, Les Aventures de Tintin

Publié dans Critiques

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selenie 21/10/2012 15:02

Le très long prologue est d'un ennui profond où tous les défauts du réalisateur nous sont exposés ; sentimentalisme appuyé, gros plan sur les yeux embués, musique omniprésente (et pour une fois pas
toujours adéquate), le front semble très loin. Le film démarre donc vraiment après plus d'une demi heure peu attrayante. Ensuite on remarque la longue liste de stars venus pour une apparition, ce
qui parasite un peu notre intérêt pour l'aventure du héros à quatre pattes. Il faut attendre les 30 dernières minutes pour apprécier enfin le grand cinéma de maitre Spielberg. La fin est clairement
magnifique avec un joli symbole qui n'est pas sans rappeler un certain réveillon de Noël dans les tranchées. La toute dernière scène est franchement un mauvais choix, ça ne colle pas avec le reste
du film et rappelle aussitôt une scène culte de "Autant en emporte le vent"... C'est du Spielberg tout de même, une mise en scène épique, des plans magnifiques et une histoire qui fera craquer un
grand nombre mais ça reste trop gentil (les horreurs de 14-18 sont occultés) avec un film où les méchants se font très rares... 2/4