Le Complexe du Castor

Publié le par Herodonte




Mon avis :

Le Complexe du Castor est le troisième film de la magnifique et talentueuse Jodie Foster après Le Petit Homme et Week-end en famille. Si ses oeuvres touchent rarement au génie, contrairement à son talent d'actrice, ils n'en restent pas moins assez sympathiques et emplies de bonnes intentions. Malheureusement, de bonnes intentions ne suffisent pas à faire un film.

   La réalisatrice part du principe, et à juste titre, que nous sommes tous névrosés mais que nous nous cachons derrière une carapace. Walter ne se cache plus et exprime son mal-être par l'ennui profond que lui procure la vie. Au bord de la mort, il est sauvé par une marionnette, une sorte de Surmoi qui réprime ses envies suicidaires par lequel il s'exprime et se sent libérer, paradoxalement. Grâce à elle, il reprend goût à la vie et essaye de rattraper les erreurs qu'il a commis envers sa famille.
Pour être franc, Jodie Foster s'en sort très bien avec la galerie de personnages. Il y a beaucoup de tendresse, de retenue et d'habileté pour retranscrire des rapports familiaux, décrire des problèmes intérieurs. L'énorme désespoir de Walter. Elle réussit également à ne pas faire un film avec une fin dont tout le monde s'attend. Mais derrière cette histoire travaillée, mais non dénuée de défauts comme la scène du discours improvisé plein de bons sentiments ou encore la séquence " J'ai une idée géniale qui marche !", il se cache un plus grand problème...

   Celui de la mise en scène. Le Complexe du Castor est d'une telle banalité que ça en devient triste. Pas d'idées de cinéma, c'est plan-plan, on a le droit à la même soupe musicale mielleuse et surtout c'est mou du genou. C'est surprenant de voir cette grande actrice, une femme originale dans le milieu du cinéma américain, nous pondre quelque chose comme ça. C'est vraiment une grande déception. Alors ce n'est pas mauvais mais ça reste insipide.

   Cependant, il y a tout de même Mel Gibson. Un Gibson qui joue merveilleusement bien un père dépressif, schizophrénique, malade. Un rôle qui possède quelques similarités avec les déboires dans sa vie. Ça, c'est une bonne idée de la mère Foster. Comme toujours, Jodie Foster est parfaite. L'autre surprise vient de Anton Yelchin qui arrive à donner un peu d'épaisseur à un rôle qui en manque.

Pour conclure, Le Complexe du Castor est un film agréable, presque touchant mais dispensable à cause d'un manque d'ambition flagrant de sa réalisatrice.

Riley Thomas Stewart & Mel Gibson. SND


Publié dans Critiques

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