Dementia 13

Publié le par Hérodonte

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Mon avis
:

Dementia 13 est officiellement le premier film de Francis Ford Coppola (sous un pseudonyme, il avait alors réalisé un premier film). En 1963, Francis Ford Coppola travaille pour le célèbre Roger Corman en tant qu'assistant-réalisateur sur The Young Racers. Il demande la permission à Corman de réaliser un film en parallèle du sien avec notamment une partie de l'équipe du tournage. Corman accepte, à la seule condition que cela n'entraine aucun retard sur son propre film. Il ira même jusqu'à produire en partie le jeune Coppola ambitieux. C'est donc grâce à la bienveillance d'un réalisateur expérimenté que nous pouvons voir ce film, Dementia 13, d'un réalisateur inexpérimenté.
L'histoire écrite par Coppola est simple. En Irlande, une famille aristocratique, les Haloran, ressent péniblement depuis 6 ans la disparition d'une des leurs. La fille de Lady Horlan et soeur des frères Haloran . Cependant, de curieux évènements viennent s'ajouter à cette sixième année de deuil. Ceux des meurtres par l'homme à la hache...

   A travers cette histoire, Coppola cherchait à faire son "Psychose". La première partie de Dementia recopie sans complexe les grandes lignes du film de Hitchock ( femme vénale qui se fera "gentiment" trucider par un mystérieux tueur) avant de partir dans une seconde partie vers un film d'horreur grossier se rapprochant presque du genre qu'est le slasher. Si le début du film est assez peu intéressant à cause d'acteurs peu inspirés, d'une réalisation morne et d'un rythme lent, la seconde partie se révèle bien pire puisque le réalisateur semble vouloir se focaliser plus que de raison, avec une psychologie de bazar, sur cette étrange et morbide famille. Ce qui plombe encore bien plus le rythme avec de longs moments verbeux très douteux.
Cependant, le plus étonnant dans cet ensemble, hormis la médiocrité, ce sont les innombrables fautes techniques du film. En 1h15, la durée du film, vous verrez sur une dizaine de plans l'ombre de la perche ou même parfois la perche elle-même. Vous aurez également la chance de constater des faux-raccords par centaines, une photographie immonde ( est-ce  la qualité de mon DVD ?!) dû à une surexposition de l'image à la lumière ou à une sous-exposition rendant parfois incompréhensible certains passages. L'amateurisme empeste ce long-métrage alors que Francis Coppola est dans le métier depuis quelques années. Certes, le budget est faible mais ce n'est pas une raison. Les fautes sont si grossières...

   La débandade ne s'arrête pas là. Pour le futur réalisateur d'Apocalypse Now ou encore de la trilogie du Parrain, la mise en scène est choquante. Choquante par sa banalité, médiocrité, nullité. Francis Coppola ne sait pas quoi faire de sa caméra. Aucune inspiration ou presque pour les passages "horrifiques". Par conséquent, aucune tension ne se dégage. Et quand il arrive enfin à faire quelque chose d'un passage, celui de la plongée nocturne, il parvient à rendre illisible sa conclusion. Chapeau Francis ! On retient qu'une seule chose de ces meurtres; l'ennui. Et on a hâte que le film se termine.

   Pour conclure, Dementia 13 ne révèle pas du tout le futur potentiel de Francis Ford Coppola. L'ensemble est bien fade, bourrés d'erreurs avec un scénario bancal. Pas de frayeurs, ni de surprises. Rien.
 Roger Corman demandera même à un de ses assistants de rajouter une scène de décapitation pour étoffer ce film bien faible. Mais même avec cette scène, la peur ne viendra jamais. Allez, on te pardonne Francis.

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1 e¦ütoile

Publié dans Critiques

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Commenter cet article

selenie 12/03/2012 18:37

Je te trouve extrèmement dur... J'aime beaucoup ce film, car il faut aussi dire que Coppola devait de toute façon faire avec un cahier des charges nommé Corman. Je trouve l'atmosphère du film
parfaite et même si il y a des erreurs le charme de l'oeuvre ajoute un côté Ofni pas désagréable. 2/4 pour moi

Hérodonte 13/03/2012 15:52



Tout d'abord, je suis content que au moins une personne l'ait vu.
Ensuite, je persiste et je signe. Il n'y pas d'atmosphère et je ne pense pas que la pression de Corman fut si présente. Il devait seulement gérer un planning serré et un budget faible. Pour moi,
ce n'est pas une excuse.