Le Discours d'un roi

Publié le par Herodonte

Wild Bunch Distribution

Synopsis : Le film raconte l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Élisabeth. Celui-ci va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI, suite à l’abdication de son frère Édouard VII. D'apparence fragile, incapable de s'exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI affrontera son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et surmontera ses peurs grâce à un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Sa voix retrouvée, il réussira à convaincre le peuple anglais de déclarer la guerre à Hitler.

Mon avis :

Tout d'abord, je tiens à remercier Anna de m'avoir permis d'assister à la projection privée d'Allociné.

Le Discours d'un roi est le premier long-métrage de Tom Hooper. On peut dire que pour un début, il ne prend pas le sujet le plus facile puisqu'il s'attèle à l'histoire du Royaume-Uni, avec en fond l'histoire internationale, en filmant la personne d'Albert Frederick Arthur George qui deviendra Georges VI. Il s'attarde sur les années d'avant son couronnement et sur son bégaiement qui l'empêche de parler à son peuple ET de la menace allemande qui pointe le bout de son nez en Europe. Le réalisateur décide alors de faire un lien entre la lutte de ce futur roi contre ses problèmes d'élocutions et celle qui s'annonce entre l'Allemagne. Au vu du traitement, ce n'était pas forcément nécessaire mais je tiens à le dire de suite: le Discours d'un roi est bon film. Pas un chef-d'oeuvre mais un bon film.

    Tom Hooper construit son film de manière très classique. La narration suit chronologiquement les évènements qui commencent au début des années 30 afin de finir à l'aube de la seconde guerre mondiale. La réalisation est également classique, très solide, presque sans faute. Ça manquera peut-être de fantaisie pour certains mais c'est surement le meilleur moyen de raconter une telle histoire. Le film est donc relativement bien raconté, bien construit. Du travail très professionnel. Un travail qui aurait pu tomber dans quelque chose de très lourd où le spectateur aurait vite finit par se lasser. Cela n'arrive jamais. Premièrement, on voit pas le temps passé. Deuxièmement, il y a des touches d'humour ( peut-être un peu trop d'ailleurs) qui viennent alléger le film. Hooper réussit à ne pas plonger son film dans les travers d'autres œuvres du septième art qui parlent d'Histoire. C'est déjà une bonne chose.

    Ensuite, ce que je trouve de très remarquable dans le film est la photographie. Une photographie en totale adéquation avec le passé et notre présent. J'avais l'impression de regarder, par moments, d'anciennes photos qui forment cet ensemble cinématographique. Cet impression est dû aux costumes (gros travail de Jenny Beavan) mais surtout à ces couleurs un peu effacée comme si on avait voulu colorisé une vielle photo en noir et blanc sans jamais réellement y parvenir. J'aime beaucoup.

    Par contre, le film m'énerve beaucoup sur son fond historique. Je ne suis pas un expert de l'histoire de la famille royale donc je vais éviter de dire quelques mots dessus ( même si cela semble bien fidèle) mais je vais m'attarder sur tout le côté " Les allemands arrivent". Dès 1936, dans le film, tout le monde est sûr, sans hésitation aucune, que l'Allemagne va frapper. C'est faux ! On sait que l'Allemagne est un danger potentiel mais à ce moment-là, on ne pense pas qu'Hitler va aller aussi loin. De plus, toujours dans le film mais cette fois-ci en 1938, avant même que Daladier et Chamberlain aillent à Munich, ils pensent que c'est inévitable. Il y a déjà beaucoup plus de doutes mais on pensait encore pouvoir préserver la paix en laissant  à Hitler faire ce qu'il veut. Même moment où il annexe les Sudètes, on pense encore qu'Hitler va se contenter de ça donc ça m'énerve un peu de voir ce manque de nuance dans un film qui se veut historique surtout pour faire des liens un peu lourd avec le problème de bégaiement du roi et avec en prime une phrase que je trouve un peu ridicule " J'ai bien peur que votre grande épreuve arrive bientôt", faisant allusion aux allocutions et à la confrontation que va devoir assurer Georges VI. Je dois avouer que ça m'a un peu sorti du film. J'aurai voulu un tout petit peu de nuance sans forcément tomber dans le côté scolaire. Je demandais seulement quelques mots... Pour moi, c'est le petit point faible du film.

Pour résumé, le Discours d'un roi est un bon film, correctement construit, correctement réalisé qui tient son spectateur jusqu'au bout. Quelques grossièretés historiques et une d'histoire d'amitié banale dans sa construction mais qui reste assez savoureuse qui n'empêchent pas de passer un bon moment. Les acteurs sont excellents ( Colin Firth en tête) même si certains tombent parfois dans un jeu un peu trop caricatural. Dans l'ensemble, c'est une réussite.

Colin Firth et Geoffrey Rush. Wild Bunch Distribution




Publié dans Critiques

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