Django

Publié le par Hérodonte

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« Django, have you never loved again?

Love will live on, oh oh oh...
Life must go on, oh oh oh...
For you cannot spend your life regreatting. »
Sur ces paroles du générique de début un peu kitsch, un homme se déplace à pieds transportant difficilement derrière lui un cercueil, entouré d'un décor aux teintes apocalyptiques. Boue, collines grisâtre et menaçantes, herbes jaunâtres... Le réalisateur italien Serge Corbucci donne le ton de son western spaghetti lorgnant sur un style baroque loin d'un réalisme à la Sergio Leone dont il emprunte pourtant dans les grandes lignes le scénario de « Pour une poignée de dollars », remake illicite de Yojimbo de Akira Kurosawa, sortie deux ans auparavant en 1964. C'est donc l'histoire d'un mystérieux inconnu qui débarque dans un village, complétement dévasté par la nature et les hommes, où deux bandes rivales s'affrontent pour le contrôle du territoire. Une première bande, idéologiquement et « vestimentairement », proche du Ku Klux Klan. Et la seconde, une bande de révolutionnaires mexicains exilés, à la recherche de la fortune pour continuer le combat. Évidemment, l'arrivée du personnage principal, Django, va bouleverser quelque peu les habitudes du village...


   La première chose qui frappe dans Django est la violence (il est censuré à sa sortie) qui se dégage de l'Ouest Américain phantasmé par le réalisateur italien. Il n'y a aucune pitié dans ces terres désolés. Les amis se révèlent être des ennemis, l'Homme est immorale, impitoyable,absurde. Oreille coupée, des centaines de morts, tortures, coups du sort. Le film atteint probablement le paroxysme de ce que nous a donné le western spaghetti. Porté par un Franco Nero ultra-charismatique dans le rôle de Django, les ambitions du personnage se dessine peu à peu à mesure que les scènes fortes s'enchaînent comme celle de la séquence où le héros se fait encerclé par une bonne centaine d'ennemis ou encore celle de la première confrontation avec l'ennemi principal de Django. Un ensemble soutenu par une musique efficace qui accentue la gravité de ces moments même si on peut lui reprocher d'être quelque peu grossière. Tous les compositeurs ne peuvent pas être un Morricone...

   Malheureusement, si tous les compositeurs ne sont pas des Morricone. Tous les réalisateurs de western-spaghetti ne peuvent pas posséder la virtuosité d'un Leone. Corbucci fait un travail de metteur en scène acceptable mais n'arrive pas à élever son sujet par une mise en scène remarquable. Abus de gros plans, cadres approximatifs ou hésitants... Django ne brille pas par sa réalisation. De plus, le réalisateur semble être un flemmard de première (selon mes lectures sur le net) et cela se ressent dans la réalisation mais également dans la construction narrative du film (Sergio Corbucci n'a pas fini le scénario quand le tournage commence et rajoute des petits éléments au jour le jour. Une heure avant de tourner la scène du « secret » du cercueil, il décide ce qu'il y a dedans...). On a l'impression qu'il n'y a pas de fil conducteur, que c'est un peu décousu. Ce qui atténue la puissance dramatique de l'œuvre. Mais dans le fatras du scénario où les personnages restent assez caricaturales (excepté peut-être Maria, la prostituée de « sang-mêlé »), Django finit sur l'une des plus belles fins que j'ai pu voir dans un western. Je ne la raconte pas mais il se dégage de l'image final une grâce, une poésie absolument poignante que je n'aurais pu imaginer dans un film aux allures si bancales. Pourtant, le fait est que la fin est remarquable.


Pour conclure, malgré ses faiblesses, Django est un pilier du genre qui a engendré à l'époque une tonne de films n'ayant aucun rapport avec le film de Corbucci mais surfant sur la notoriété du nom. Néanmoins, une véritable suite voit le jour en 1987. De plus, il est également l'objet de plusieurs remakes plus ou moins déguisés comme Sukiyaki Western Django de Takashi Miike (2007) ou encore du prochain Tarantino, Django Unchained (2013). En somme, une œuvre culte.

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3 e¦ütoiles et demi


Publié dans Critiques

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Marcozeblog 03/09/2012 10:08

Tiens, je ne savais pas que le prochain Tarantino était inspiré d'un film existant. C'est bien ça ?

Hérodonte 10/09/2012 17:00



De ce film, oui. Même si il, Tarantino, semble s'en défendre mais rien que le nom et le fait que Franco Nero va faire une apparition dans le Django de Tarantino...



selenie 04/07/2012 21:05

Excusez de ce message... Mais c'est important pour la liberté d'expression... Rose Bosch m'a assigné en justice via OverBlog il y a quelques semaines. Rose Bosch a perdu et déboutée de toutes ses
prétentions... Mais chose hallucinante ! J'apprends aujourd'hui que la réalisatrice de "La rafle" fait appel du jugement !!!

Il y aura donc une autre audience ! Cette fois-ci il faut se faire entendre et réagir sur la toile et notamment sur la cinésphère.

Besoin de soutien et surtout créez du BUZZ !

http://www.selenie.fr/article-hallucinant-rose-bosch-fait-appel-du-jugement-107782769.html