Fright Night

Publié le par Hérodonte

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Mon avis
:

Fright Night 2011 est le remake du très sympathique Vampire, vous avez dit vampire ? (Fright Night en version originale) de Tom Holland en 1985. Dans cette version, Brewster (Anton Yelchin) n'est plus un adolescent qui assume sa "geekerie", il abandonne ses anciens amis de jeux de rôles pour être un mec cool réussissant ainsi à sortir avec la plus belle fille du lycée. Quand Ed (Christopher Mintz-Plasse) le prévient que son voisin, Jerry Dandrige (Colin Farell), est un vampire qui décime petit à petit cette petite ville, il ne le croit pas. Quelques jours plus tard, la disparition de Ed distillera le doute en lui... Un soir, Brewster s'infiltre chez son voisin et assiste terrorisé à la célèbre morsure sur une jeune femme prise au piège. Jerry Dandrige est bel et bien un vampire.

   On se demande toujours quel peut être l'intérêt d'un remake. Généralement, c'est une monture modernisée pour plaire aux spectateurs d'aujourd'hui. C'est-à-dire plus d'effets spéciaux, plus d'action, des acteurs beaucoup plus beaux que les précédents. Enfin bref, une modernisation simple et non-approfondie. Et ce qui est bien avec les deux Fright Night, c'est qu'ils sont tous les deux de véritables témoins des moeurs de leurs époques grâce au sujet du vampire et par conséquent, de la sexualité. En effet, le premier Fright Night, loin d'être un petit teenage-movie gentillet, abordait d'une manière frontale les peurs adolescentes comme l'exclusion mais aussi la peur de la sexualité surtout avec l'arrivée récente du SIDA en Occident. Le film jouait alors sur la montée d'un désir qui pouvait être dangereux. Un désir finalement appréhendé et maîtrisé.
Fright Night de Craig Gillespie cherche également à jouer sur ce terrain. Malheureusement pour lui, les temps ont changé depuis les années 80. De nos jours, les personnes veulent assouvir beaucoup plus vite leurs désirs qu'auparavant. Ils sont plus au courant des façons de se protéger (même si certains sondages font encore froid dans le dos sur l'ignorance de certains) et il me semble que notre société a moins de barrières. Cette évolution a des conséquences. Une conséquence positive, tout d'abord. Elle donne au film sa propre personnalité, se démarquant du matériau d'origine. Là où Chris Sarandon jouait à merveille un Jerry séducteur,verbiage avec une approche plus indirecte, Colin Farell préfère baser son charme sur une pure et simple bestialité qui sied tout autant au personnage. Il est direct. Cela fonctionne et l'acteur, malgré son cabotinage, a une forte présence à l'écran. Ensuite, il y a la conséquence négative. Comme dit plus haut, Tom Holland laissait le temps aux peurs de s'exprimer face au désir naissant chez ces adolescents. Ici, ce n'est pas le cas. Le Brewster et la Amy 2011 ont peur mais pas trop. Ils sont le reflet des mentalités d'aujourd'hui. On montre une scène où Brewster hésite quand il se retrouve au lit avec sa copine insistante et c’est tout. D'ailleurs, on remarque que les rôles sont inversés. En 1985, c'est Amy qui hésite face à l'insistance du jeune homme. C'est pareil pour le sentiment d'exclusion de Ed. Globalement, l'ensemble souffre d'une rapidité qui ne permet pas l'installation des enjeux dramatiques dont les sujets liés à l'adolescence. Sur ce point-là, Gillespie perd son pari.

   Sur le plan du divertissement, c'est réussi. Tout comme son prédécesseur, il joue beaucoup sur la combinaison horreur/humour qui se révèle payante. Le personnage de Peter Vincent (sacré lifting!) est hilarant grâce à une incarnation très british de David Tennant, ancien Dr Who. L'horreur se retrouve dans le gore. Pour les amateurs, vous aurez le droit à des litres d'un sang numérique et à quelques passages bien sympathiques comme le conte de "la hache et de la tête". Par contre, contrairement à son modèle, il y a des explosions, des destructions de maisons, de voitures et autres joyeusetés qui n'existaient pas auparavant mais comme on veut attirer le plus de spectateurs il faut de bons gros "BOUM". Même les effets spéciaux grossiers n'entachent en rien l'amusement ressenti face au film. Ils ajoutent même de la sympathie par leur côté cheap qui fusionne bien avec l'esprit bon enfant de Fright Night.


Un remake presque utile, divertissant et surtout disposant de sa propre personnalité. Pas mal du tout pour un petit film.

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3 e¦ütoiles et demi

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