Le gamin au vélo

Publié le par Herodonte



Synopsis : Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère ...

Mon avis :


Tout juste auréolé du prix du Grand Jury, à mon grand étonnement, au Festival de Cannes 2011, Le Gamin au vélo se présente comme une jolie histoire réaliste, sociale mettant en scène un enfant de 12 ans à la recherche de son père qui va se lier d'amitié, d'amour avec une coiffeuse du nom de Samantha.

   Les frères Dardenne arrive avec leur film à capter toute l'énergie du désespoir du petit Cyril à la recherche de son père. La caméra est souvent proche des corps, prête à saisir la moindre tension. Elle est aussi souvent portée, pour saisir la moindre information qui pourrait intervenir brusquement. On vit alors l'histoire. On est pris par toutes les recherches, les tentatives d'être accepter, aimer de la part de Cyril, de Samantha ou de son amant. On est pris par cette dimension sociale un peu triste. Dans ce sens-là, c'est plutôt réussi. On est embarqué.

   Malheureusement, si l'histoire est prenante, elle reste peu originale et la manière de la raconter n'est pas toujours brillante. On voit très vite dans le film que le père ne veut plus voir son fils et donc s'ensuit très ( trop ?) rapidement la recherche d'un père de substitution. Un père de substitution qui s'apparente à un voyou de la cité avec qui il fait tout ce qu'il n'a pas fait avec son père. Ils passent du temps ensemble, il lui achète à manger, l'écoute. De manière générale, il s'occupe de lui. Le problème c'est que cette figure de père arrive de façon abrupte et qu'on la sent arriver à dix kilomètres. De plus, la manière dont la relation se finit n'est pas très virtuose. L'écriture manque de finesse, de profondeur, peut-être de finition.
L'autre problème vient de la relation Cyril-Samantha. Elle naît et se construit de façon incohérente et bien trop rapide pour le spectateur. Il y a des ellipses qui font qu'on ne peut saisir l'importance, la profondeur de cette relation malgré la prestation brillante de Cécile de France en femme marquée ( une femme qui semble avoir vécu des choses difficiles) mais courageuse,volontaire, aimante et qui, de mon point de vue, attendait ce petit bonhomme dans sa vie. Elle est sublime et j'en suis amoureux. ( Cécile de France si tu me lis...)
  
   Cependant, si il existe cette faiblesse d'écriture, il y a quelques moments de grâce. Par exemple, j'ai été subjuguer par le dernier quart-d'heure. Car, au fond, dans cette scène finale, Les Frères Dardenne disent simplement que Cyril, blasé d'être déçu par "ses pères", décide de se prendre en main, d'assumer son passé, de se relever en tant qu'homme et non pas en tant qu'enfant. Il comprend à ce moment-là qu'il n'a pas besoin de la figure paternelle et qu'il peut vivre sa vie sereinement avec Samantha. C'est à la fois pessimiste et optimiste. Il grandit et il trouve une mère pour se reconstruire ( et c'est pareil pour Samantha, dans un sens). Je trouve tout ce passage touchant et emplit de sens.

Le Gamin au vélo souffre d'un problème d'écriture, de montage mais cela reste un bon film qui arrive même à être bouleversant malgré le manque d'originalité, d'ambition de l'ensemble. Il mérite tout de même le coup d'oeil.

Cécile de France & Thomas Doret. Christine Plenus

J'ai hésite longuement entre deux étoiles ou trois. Mais le problème d'écriture est trop persistant dans mon esprit pour une note meilleure.


Publié dans Critiques

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Bob Morane 25/05/2011 16:44

Je me suis laissé au côté poétique de l'histoire et à l'excellence des interprêtes, même si en effet, il n'y a pas beaucoup d'originalité, le relationel fonctionne a merveille