Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2

Publié le par Herodonte



Synopsis : Dans la 2e Partie de cet épisode final, le combat entre les puissances du bien et du mal de l'univers des sorciers se transforme en guerre sans merci. Les enjeux n'ont jamais été si considérables et personne n'est en sécurité. Mais c'est Harry Potter qui peut être appelé pour l'ultime sacrifice alors que se rapproche l'ultime épreuve de force avec Voldemort.

Mon avis :

Au bout de 10 ans, nous voyons la saga du sorcier le plus célèbre ( et le plus lucratif ) prendre fin. 10 ans où la qualité avait des hauts et des bas. De la mise en scène brillante d'Alfonso Cuarón à la flemmardise de Chris Colombus, la saga est passé par tous les stades. Notamment par le désastreux opus de Mike Newell. Mais revenons en 2011. Après une première partie surprenante par sa lenteur, la deuxième partie renoue avec un rythme plus hollywoodien pour clore à jamais (?) le chapitre de Harry Potter. Malheureusement, Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2* se révèle assez bancal.

   Nous retrouvons donc Harry Potter, Hermione Granger et Ron Weasley à la recherche des Horcruxes manquants. Des objets pouvant permettre la destruction de Lord Voldemort. Après un prologue un peu trop poseur, tout va s'enchaîner à un rythme impressionnant, Harry revient à Poudlard et c'est à partir de ce moment que le film décolle réellement.
Poudlard protégé par des milliers de sorts, des milliers de Mangemorts qui assiègent le château, des baisers incongrus, des duels, des morts, des balais volants, du sang et enfin Le duel. Tout y passe en deux heures, laissant à peine le temps au spectateur de respirer. Mais si le rythme est effréné et qu'un souffle épique pointe le bout de sa baguette ( les Mangemorts et les élèves/professeurs se jetant dans la bataille, Ron et Hermione cherchant à s'échapper de l'étreinte mortelle d'un serpent), la mise en scène vient gâcher ces moments de pure folie par une réalisation peu inspirée. David Yates n'est pas un grand cinéaste et cela se ressent. Il décide de piocher à gauche et à droite. Des plans aériens du Seigneurs des Anneaux de Peter Jackson, par exemple. Si dans la fameuse trilogie, ce procédé fonctionne relativement bien, ce n'est pas le cas dans ce film. La faute à une image pas assez forte pour soutenir la comparaison. Une assemblée de Rohirrims face à l'armée du Mordor, c'est tout de même plus impressionnant que des sorciers. Pire, il arrive même au réalisateur de ne pas savoir filmer l'action. On peine parfois à percevoir qui-lance-quoi, qui-tue-qui. C'est un beau bordel qui serait à la limite compréhensible tant le chaos semble important mais quand cela arrive même pendant certains duels bien distincts de la bagarre générale... Cependant, Yates a aussi de bonnes idées comme la scène où Rogue ( Alan Rickman !!!!!!!)  est "agressé". C'est vraiment sinistre, glauque et je n'étais pas loin d'un petit frisson. C'est rare.
On peut également être déçu par le manque d’ambition artistique dans la représentation de la magie. J'ai en tête le bouclier qui entoure le château. Un bouclier qui doit être grandiose mais qui se révèle d'une banalité et d'une certaine laideur affligeante.

Ralph Fiennes. Warner Bros. France

  Ensuite, si le film est bancal c'est également à cause d'un stupéfiant mélange entre retenue et exubérance. Il y a des séquences d'émotions où on en fait pas trop à l'écran. Pas de larmes à outrance, peu de mots, pas de musique pompière ( la mort de Remus et Tonks même si l'image est éculée). Ces séquences sont réussies et on arriverait presque à avoir une petite larme MAIS BLOP - un éclair vert jaillit dans la séquence suivante où on fait tout le contraire, tuant ainsi dans l'oeuf le début d'une émotion. La musique affreuse de Alexandre Desplat ( si on ne fait pas attention, elle peut passer dans les scènes d'actions) n'aidant pas à l'entreprise.
Bancal au niveau des effets spéciaux également. On alterne le bon et le médiocre. Le bon comme les sorts lancés pour briser le bouclier ou encore les flammes géantes qui dévorent la Salle sur Demande. Le médiocre comme ce moment où Voldemort essaye d'attraper Harry avec des pans de sa robe ou les courses sur balais où l'on sent beaucoup trop la présence du fond vert.
N'oublions pas les dialogues souvent risibles à base de " j'ai confiance en toi", " Il vit dans nos coeurs". Ce n'est pas possible de nos jours d'écrire des dialogues de cette façon là.

   Enfin, j'aimerai revenir sur la mort omniprésente qui entoure ces adolescents. Si elle est assez mal représenté dans les opus précédents ( excepté Azkaban peut-être), elle est assez présente dans ces septièmes opus. Ce qui donne une atmosphère vraiment malsaine, profondément triste, un peu étrange à cette fin de saga. Dans un sens, pour devenir un adulte, il faut obligatoirement faire face à la mort, se mettre dans la place d'un homme ou d'une femme avant même de l'être. Je trouve cela assez rare, à un tel niveau, dans un film pour adolescents ( ils sont LA cible).

En conclusion, Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2 est tiraillé par la retenue et l'exubérance qui sied à un film qui clôture une saga. On se retrouve alors avec des scènes impressionnantes mais fades à cause d'un manque d'inspiration dans tous les domaines. On notera également que la fin de Voldemort est ignoble. Elle devait être l'orgasme de la saga mais elle se révèle anecdotique. Dommage.

Ralph Fiennes & Daniel Radcliffe. Warner Bros. France

*film vu en 2D

2 e¦ütoiles et demi


Publié dans Critiques

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Commenter cet article

Robin 16/07/2011 15:02

Anecdotique, à l'image de la saga finalement.