Insomnia

Publié le par Herodonte



Synopsis : Will Dormer, un policier expérimenté et désabusé, est envoyé en Alaska pour enquêter sur le meurtre sordide d'une adolescente. Lui et ses hommes montent une embuscade et repèrent le tueur, mais celui-ci parvient à s'enfuir. Will le prend en chasse mais le perd de vue dans l'opaque brouillard. Il voit une ombre qui pointe une arme à feu et tire. Lorsqu'il s'approche du corps, il découvre qu'il vient de tuer Hap, son partenaire. Instinctivement, il prend le pistolet qu'a auparavant laissé tomber le tueur dans sa fuite et le place près de Hap pour dissimuler sa culpabilité. Walter Finch, le meurtrier, a vu faire Will. Il le menace de le dénoncer s'il ne ferme pas rapidement le dossier...

Mon Avis :

Remake du film éponyme de Erik Skjoldbjaerg, Christophe Nolan réussit avec ce troisième à montrer qu'il faut compter sur luiet que ses deux précèdents films n'étaient pas dû à la chance. Avec Insomnia, le cinéaste reste dans un territoire connu celui du thriller.

Grâce au succès critique de Memento, il réussit à réunir deux grandes stars dans son film. Al Pacino et Robin Williams. Ce dernier est plutôt bon dans le rôle du méchant alors que l'on attend de lui des rôles bien plus léger. Le face à face avec Al Pacino, qui joue le rôle d'un policier surveillé par l'inspection générale et qui n'arrive pas à dormir dans cette ville où le soleil ne se couche jamais, est réussi. Il y a une connexion qui se fait entre les deux acteurs. Ce qui apporte un véritable plus à Insomnia. Surtout que ce thriller s'attarde beaucoup plus sur les relations, les liens entre les personnages que sur l'enquête. Elle reste présente mais se voit placer en second plan. Si le casting est impeccable, c'est un peu moins le cas pour l'histoire et son traitement.

En effet, c'est très classique et surtout du déjà vu au niveau de l'histoire. Le jeu du chat et de la souris, la rédemption... Rien d'original même si l'écriture est plutôt bonne.
On est également déçu sur le déroulement formel du film. On avait l'habitude d'un montage un peu moins classique avec Following et surtout Memento. Et même si ces montages "éclatés" ne  sont pas forcément nécessaires, ils permettaient (futilement ?) de complexifier l'histoire et d'emballer un peu le spectateur qui se posaient quelques questions sur le moment. Dans Insomnia, classique. Prévisible. Ce qui nuit un peu à l'intérêt du film.
Malgré tout ça, visuellement c'est beau. La photographie est soignée. Les paysages de l'Alaska sont magnifiques et donnent une atmosphère atypique au film. Nolan ne l'oublie pas. Cette nature est omniprésente et ne fait pas l'office, comme on le voit souvent, d'un plan et hop on l'oublie. Insomnia arrive à mélanger adroitement l'intime, les personnages avec la grandeur de ce paysage particulier. Je dois avouer que j'aime beaucoup.
Une attention particulière est porté sur la lumière puisqu'elle est une partie intégrante de l'histoire à cause de ce soleil qui reste au zénith et qui empêche l'agent Dormer, Al Pacino, de s'endormir. L'agent Dormer... S'endormir... Enfin bref ! C'est du beau travail à ce niveau-là.

Petit bémol sur la musique du film. Par moment, elle sait se faire discrète et d'autres où elle est trop présente, où elle appuie beaucoup  sur les moments de noirceur du film ou encore de tristesse. C'est le défaut qu'on retrouvera dans la plupart des films qui suivront de Christopher Nolan.

Insomnia est un film plus classique pour le cinéaste anglais. Dans l'ensemble réussi grâce à une mise en scène solide, des acteurs convaincants et un script bien écrit. Cependant, il reste assez mineur dans la filmographie de Nolan à cause surtout de sa prévisibilité. Insomnia est un film où le spectateur reste éveillé jusqu'à la fin même si quelques signes de fatigue se font ressentir par moment.

Robin Williams et Al Pacino. Warner Bros. France

3 e¦ütoiles et demi


Publié dans Critiques

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