Jason Bourne : l'Héritage

Publié le par Hérodonte

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La franchise Bourne revient au cinéma sans Greengrass et Matt Damon mais avec Jeremy Renner dans le rôle de Aaron Cross, un ancien militaire cobaye d'un programme secret similaire à celui de Jason Bourne, et Tony Gilroy dans celui de réalisateur. Pour ce dernier, si il est un brillant scénariste, on peut douter de son talent avec une caméra quand on a vu le « lourdingue » Michael Clayton ou encore Duplicity et sa complexité futile. Néanmoins, monsieur Gilroy est le scénariste qui s'est occupé de l'adaptation des trois premiers opus de Bourne au cinéma. On peut donc espérer un travail honnête puisqu'il connait sur le bout des doigts « l'univers » crée par l'écrivain Robert Ludblum.
Cette nouvelle trame parallèle à celle de Jason Bourne se penche sur Aaron Cross, cobaye d'un autre programme des services secrets américain dont le but est de former des soldats d'élites pour des missions périlleuses. Le problème c'est que Bourne met la pagaille et rend public Treadstone. Pour empêcher que d'autres programmes soient révélés au grand public, la CIA et d'obscurs cabinets veulent détruire toutes preuves dont certains cobayes comme Aaron Cross. Évidemment, une nouvelle course-poursuite s'engage alors pour la vie et la liberté.


Autant ouvrir les hostilités et avouer que l'Héritage n'arrive jamais à atteindre la qualité de la trilogie originelle. Et pour des raisons finalement assez simple.
Pour commencer, si Jeremy Renner est plutôt parfait, son personnage est bien fade par rapport à Bourne. Exit la quête identitaire, la vengeance et bienvenue uniquement à une course contre la mort (il doit récupérer des médicaments dont il a besoin pour survivre). Les enjeux narratifs / émotionnels sont donc très très faible. Le réalisateur tente bien d'intégrer celle de l'humanité mais ce n'est pas deux-trois plans sur Renner en train de toucher les mains de Rachel Weisz (ces moments sont d'un ridicule...)qui va aider à donner un peu d'épaisseur. En gros, on se fiche absolument de ce qui va arriver à Aaron Cross. On suit avec politesse ses actions mais l'ennui pointe assez souvent le bout de son nez. Globalement, c'est tout le film qu'on pourrait définir comme ça. C'est acceptable mais plutôt fade.
Ensuite, il faut s'attarder sur la mise en scène de Tony Gilroy qui se veut dans la continuité de celle de Paul Greengrass... Caméra tremblotante, montage un peu moins épileptique mais épileptique tout de même, un style un peu documentaire... On a une continuité visuelle mais avec une maitrise moins évidente qui se remarque dès le début quand Gilroy veut poser les bases de cette nouvelle histoire. On a le droit à des incessants retours entre Aaron Cross et ce que mijotent les services gouvernementaux... C'est très fastidieux et fatiguant. De plus, il faut rajouter les multiples flasbacks parsemés n'importe comment et sans finesse dans le film et nous avons alors une œuvre épuisante, ennuyante. Même l'énorme séquence d'action de fin ne parvient pas à emballer, enflammer le troisième long-métrage du réalisateur.


Mais le soucis peut venir d'ailleurs. Premièrement, le casting. La saga Bourne reposait beaucoup sur le fait que les personnages étaient des « messieurs ou des dames tout-le-monde ». Matt Damon et les autres acteurs avaient la tête de l'emploi. Dans l'Héritage, ce principe est globalement respecté. Renner a la tête d'un type lambda et même Edward Norton réussit à faire oublier son statut de méga-star à travers une sobriété dans le jeu et ses cernes trahissant la fatigue. Le hic c'est que dans le tas, il y a une belle erreur de casting. Rachel Weisz. Je ne remets pas en cause son talent car c'est une bonne actrice mais dans le concept « messieurs et dames tout-le-monde »; elle fait tâche. On ne croit pas une seconde qu'elle est une biochimiste surtout quand elle se balade sans cesse avec les joues pimpantes et une coiffure parfaite. Elle n'arrive pas à faire oublier Rachel Weisz au profit de Marta Shearing.
Le compositeur James Newton Howard est aussi fautif dans la médiocrité de l'ensemble. La musique est exécrable. On a l'impression de l'avoir déjà entendu des millions de fois et elle n'arrive pas à sublimer l'image qu'elle doit supporter. On est bien loin de la musique de John Powell qui arrivait parfaitement à retranscrire les émotions de Jason Bourne et qui soutenait, sublimait par certains moments la trilogie. De quand date la dernière bonne création de James Newton Howard ?


En conclusion, l'ensemble est très moyen et manque d'un véritable metteur en scène pour insuffler un peu d'originalité et une identité. Tony Gilroy fait un travail qu'on sent honnête mais cela reste bien trop médiocre. On n'est jamais pris réellement dans l'histoire qu'il nous raconte. La suite, si il y en a une, sera peut-être plus convaincante...

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2 e¦ütoiles et demi

Publié dans Critiques

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Commenter cet article

selenie 27/09/2012 16:09

Son vrai problème est qu'il souffre de la comparaison. Outre que ça démarre laborieusement ça reste un film d'action efficace même si Gilroy en sera jamais Greengrass... 2/4

Hérodonte 27/09/2012 19:12



Même sur l'action, je trouve le film assez médiocre. Le véritable soucis c'est que Gilroy n'est pas un bon metteur en scène.