Machete

Publié le par Herodonte



Synopsis : Ils ont cru qu’il était un simple ouvrier, un bouc émissaire idéal pour porter le chapeau d’un assassinat politique. Ils ignoraient qu’il s’agissait de Machete, un ancien agent fédéral hors pair, une légende…
Laissé pour mort après son affrontement avec le puissant baron de la drogue mexicain Torrez, Machete s’est réfugié au Texas, où il cherche à oublier son passé. L’assassinat d’un sénateur et un coup monté font de lui l’homme le plus recherché du pays.
Cette fois, Machete est bien décidé à se laver de ces accusations et à dénoncer une corruption rampante et tentaculaire.

Mon avis :

Machete est à la base une des fausses bandes-annonces du projet Grindhouse de Tarantino et de Rodriguez. Apparemment, cette bande-annonce plutôt sympathique a tellement plu qu'on retrouve le fameux Machete dans un long-métrage. Partir d'une bande-annonce pour faire un film n'est pas chose aisée. Il faut réussir à reproduire ce qui était bien dans une courte bande-annonce dans une durée de 1h45. Il faut bien avouer que Roberto Rodriguez ne réussit pas vraiment ce pari.

Tout d'abord, l'ensemble se regarde tout de même. Les différents acteurs plus ou moins has-been sont là pour le plus grand plaisir des spectateurs. J'ai une petite préférence pour Steven Seagal, le maître ( avec Chuck Norris) de bons gros nanars que j'aime tant qui joue dans Machete LE méchant bien sadique.
Dès l'introduction, on nous sert ce qu'on attend du film. Du sang, du sexe et des dialogues philosophiques de hautes volées et jusque là le film est très agréable quand il se contente de seulement divertir. Certaines séquences par leurs improbabilités sont plutôt jouissives. La scène de l'intestin qui a dû en surprendre plus d'un mais aussi la séquence de combat dans l'église que je trouve plutôt bonne avec en fond Ave Maria. Le problème c'est que au bout d'un moment, le film tourne un peu à vide et surtout il se hasarde sur le chemin politique et sociale.

Le thème central du film est l'immigration. Le sénateur Mclaughlin (Robert De Niro) veut construire une immense barrière électrifiée pour empêcher les immigrés mexicains d'entrer au Texas ( et accessoirement permettre au méchant de contrôler le flux de drogue qui passe la frontière) mais, malheureusement, le traitement de quelque chose de louable se révèle d'une lourdeur mais surtout d'une démagogie tel que ça plombe le film. Le méchant blanc américain contre le gentil mexicain... Même une comédie ne peut se permettre de faire ça de manière si grossière surtout quand c'est le sujet principal du film.
Je regrette aussi l'utilisation du sang numérique. Si on parodie les séries Z des années 70 autant aller jusqu'au bout. C'est un peu trop voyant puisque le sang coule à flot dans le film.
Un autre point noir est la réalisation qui n'élève jamais Machete à autre chose qu'un pur produit. C'est même par moment du travail d'amateur. La séquence de baston générale de fin est affreuse à regarder. Tout à coup, il prend à Roberto Rodriguez de se sentir l'âme d'un adepte de la "Jason Bourne attitude" et c'est parti pour ne rien comprendre. Heureusement, ça ne dure pas bien longtemps mais c'est très désagréable. De plus, LE  combat final entre Machete et Torrez est mal filmé mais surtout expédié en deux minutes top chrono. La déception pointe le bout de son nez.

Machete aurait finalement mérité de durer beaucoup moins longtemps. Il y a certaines longueurs qui nuit au film. Des gags, des phrases qui ne font pas forcément mouche. Cependant, et malgré cette fameuse démagogie, Machete offre quelques moments bien sympa dont il serait dommage de se priver.

Danny Trejo. Sony Pictures Releasing France



Publié dans Critiques

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