Massacre à la tronçonneuse

Publié le par Hérodonte

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Mon avis
:

Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre) fait partie des films cultes dont la légende s'est construit dans le film mais aussi en dehors. En France, il a fallu attendre 5 ans pour qu'il puisse être diffuser sans problème et sous le sigle "pornographique". Aux États-Unis, il fut interdit aux moins de 17 ans non-accompagnés. Des décisions qui surprennent le réalisateur Tobe Hopper qui ne s'attendait qu'à une interdiction aux moins de 12 ans... Pourtant, l'ensemble ne se révèle pas si gore surtout si on le compare à des métrages récents. Mais la violence de Massacre à la tronçonneuse est supérieure à tous ces simulacres de films d'horreur qu'on essaye de nous vendre aujourd'hui.

   Les premières minutes placent directement dans l'ambiance. Une image plongée dans le rouge sang d'un cadavre, une radio en fond racontant les détails macabres d'une histoire de pilleurs de tombes, des photos prises de cadavres en décomposition... On sait où le film va nous mener. Cependant, ces préliminaires morbides vont laisser vite place à une situation beaucoup plus calme et à l'introduction des personnages principaux.
En effet, cinq jeunes gens, roulant sur les routes désertes du Texas, se préparent à visiter la vieille demeure familiale et abandonnée de l'un d'entre-eux. Par un manque de carburant, ils décident d'y rester en attendant l'approvisionnement de la station locale. Mais le cauchemar commence quand ils cherchent de l'essence dans cette étrange maison voisine...
Si l'atmosphère était jusque-là étrange et légèrement effrayante (le passage de l'auto-stoppeur), le film bascule totalement dans la psychose, la peur, le malaise. Une ambiance anxiogène qui ne s'arrêtera qu'à la dernière seconde. Et ceci grâce à une réalisation imaginative ( surement dû au budget très faible). Le réalisateur va jouer avec cette bande de jeunes paumés (croyance en l'astrologie, intérêt pour les différentes façons d'abattre une vache) avec une simplicité telle que la violence qui se dégage est parfois insupportable. Le premier meurtre en est un exemple parfait. Dans une maladresse fatale, Kirk se retrouve nez à nez face à Leatherface qui le frappe d'un coup de massue sur la tête. Plan sur le corps convulsionnant et sanguinolent accompagné d'un plan large montrant le meurtrier embarqué Kirk presque sans vie dans une salle alors secrète et refermant rapidement la porte derrière lui. Économie de temps et de plans pour un effet maximum. On ne voit presque rien mais on imagine le pire. Tout le reste est du même tonneau ou presque.

   Dans cette partie des États-Unis, un Texas proche d'un no man's land, le terrain de jeu est idéal pour tous les fantasmes et pour toutes les idées visuelles. Soleil couchant plongeant une future victime dans l'inquiétude, nuit d'encre où les deux derniers survivants cherchent  les compagnons disparus avant de se trouver face à la tronçonneuse de ce géant psychopathe et surtout la fameuse course-poursuite entre Leatherface et Sally dans cette forêt étrange. Scène effroyable où les seuls bruits qui se font entendre sont les cris désespérés de la jeune fille et le bruit de la tronçonneuse à ses trousses. Dans ce passage, on voit rarement le "méchant" mais le bruit de son arme suffit à distiller des frissons. La suggestion garde un pouvoir incroyable même pour un homme ou une femme des années 2010.

   Et puis, on bascule, petit-à-petit, dans un délire psychotique qui intensifie encore un peu plus le malaise du spectateur. Ce basculement arrive dans la séquence du repas de famille ( modèle familiale américain exacerbé démontrant l'aliénation possible de ce système) où la pauvre jeune femme assiste impuissante à un repas des plus étranges. Celle d'une famille meurtrière se préparant à lui faire sa "fête". Encore ici, le talent du réalisateur s'exprime formidablement pour montrer la folie et la peur dans un même chant horrifique. Les longs et innombrables cris de la proie se substituent aux rires de ses tortionnaires. Les gueules de ces monstres sont remplacées par l'oeil ( celui du spectateur ?!) terrifié de la femme ne pouvant s'empêcher de regarder ce qui se déroule devant elle... Magnifique.
Le paroxysme de cette séquence arrive au moment où ils décident de la tuer par les mains d'un grand-père mourant mais qui goûte avec délectation le sang comme un vampire ( référence au passage avec l'auto-stoppeur où un des jeunes dit que le barge provient surement d'une famille de Draculas). Un grand-père presque impuissant, luttant pour lever un marteau qui doit écrabouiller le crâne de la victime, maintenu au dessus d'un seau crade. L'insoutenable violence de cette scène provient des cris et de la lutte pour s'échapper de la malheureuse mais surtout par la répétition de l'action. Le grand-père ratant sa cible, lâchant le marteau avant d'atteindre la cible ou encore ne frappant pas assez fort pour tuer... Insoutenable mais c'est une idée de génie repris depuis dans pas mal de films d'horreur.
La délivrance ( c'est comme ça que je l'ai ressenti) arrive dans une fin admirable qui sombre dans une pure et simple folie. Une danse macabre brutalement coupé par le générique de fin clôture une expérience rarement égalée.

En conclusion, Massacre à la tronçonneuse est à la hauteur de sa réputation. Ambiance oppressante, glauque. Réalisation parfaite et maîtrisée. Un chef-d’œuvre du genre.

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5 e¦ütoiles

Publié dans Critiques

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