Pour une poignée de dollars

Publié le par Herodonte



Synopsis
: Deux bandes rivales, les Baxter, trafiquants d'armes, et les Rojo, qui font de la contrebande d'alcool, se disputent la suprématie et la domination de la ville de San Miguel, au sud de la frontière américano-mexicaine. Un étranger, vêtu d'un poncho, arrive à dos de mulet dans cette petite ville et s'immisce entre les deux bandes. Proposant d'abord ses services aux Rojo, l'étranger va très vite tirer profit des deux camps à la fois, à la grande joie du fabricant de cercueils Piripero.

Mon avis :

Remake de Yojimbo de Kurosawa, Leone essaye de transposer cette histoire japonaise dans le western américain. Premier film Spaghetti ( Leone détesta cette appellation), Pour une Poignée de dollars semble bien faible face à l'originale du grand maitre Kurosawa.

Tout comme le montre le synopsis, le personnage de Clint Eastwood va tenté de profiter de la situation. Malheureusement, contrairement à Sanjuro, Joe est à peine esquissé. On ne sait pas ce qu'il fait, ce qu'il pense vraiment. La seule chose que nous savons c'est qu'il aime l'or. C'est un gros défaut puisque le spectateur ne comprend pas vraiment l'attachement que ressent le personnage pour le Barman ou encore son soudain accès de justice. On a beaucoup de mal à ressentir  l'émotion qui devrait s'en dégager. Dans Yojimbo, on ressentait distinctement cet exccès soudain de colère... Je ne peux m'empêcher de faire la comparaison, je sais. L'ensemble du film de Sergio Leone semble si superficiel, finalement.

Quand il aborde les thèmes de l'histoire, il le fait de façon un peu grossière. Là où Kurosawa ne disait rien, mais le montrait dans sa réalisation,  sur l'équilibre du village, c'est à dire deux pôles bien distinct et le personnage principal au milieu, Sergio Leone se sent obliger de faire répéter deux fois à Joe qu'il est bel et bien au milieu de tout ce fatras... 
Même chose pour la cupidité des hommes. De l'or et des femmes et derrière aucun traitement digne de ce nom. On peut faire des méchants très méchant mais faut le faire d'une façon un peu détourné, originale. Je trouve que cela ne fonctionne pas très bien.

Pour une poignée de dollars est le plus faible de la trilogie puisque c'est celui où le style de Sergio Leone n'est pas encore totalement affirmé ( pareil pour la musique de Morriconne qui n'est pas assez percutante comme on pourra l'entendre dans les prochains films)  même si on commence à apercevoir les tics de mise en scène du Monsieur comme les plans larges suivit d'un gros plan sur les yeux des protagonistes pendant les scènes de confrontations. L'ensemble accompagné par la musique grisante de Ennio Morriconne.

Pour une poignée de Dollars n'est pas un mauvais film mais quand on a vu l'original, on se dit que ce remake transposé dans l'imaginaire américain est bien grossier, faible par rapport au matériau d'origine. Matériau d'origine dont Sergio Leone a parfois dû mal à se défaire complétement. Cependant, il y a Clint Eastwood et c'est quand même bien cool !



3 e¦ütoiles


Publié dans Critiques

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