Et pour quelques dollars de plus

Publié le par Herodonte

Carlotta Films

Synopsis : " L'indien ", bandit cruel et fou, s'est évadé de prison. Il se prépare à attaquer la banque d'El
Paso, la mieux gardée de tout l'Ouest, avec une quinzaine d'autres malfaiteurs. Le " Manchot " et le Colonel Douglas Mortimer, deux chasseurs de primes concurrents, décident, après une confrontation tendue, de faire finalement équipe pour arrêter les bandits. Mais leurs motivations ne sont pas forcément les mêmes...

Mon avis :

Suite, qui n'en est pas vraiment une, de Pour une poignée de dollars sorti un an auparavant, Et pour quelques dollars est le film où le style Sergio Leone atteint presque la maturité ( Sa consécration est surtout pour Il était une fois dans l'Ouest). Souvent éclipsé par son benjamin, Le Bon, La Brute et Le Truand, Et pour quelques dollars de plus reste tout de même un trés grand film.

Deux chasseurs de primes, le "Manchot"( Clint Eastwood) et Mortimer ( Lee Van Cleef) vont s'associer pour épingler le méchant de l'histoire, L'indien ( Gian Maria Volonté), malgré leurs différences. Le personnage de Clint Eastwood est jeune, fougueux, parfois irréfléchi alors que celui de Lee Van Cleef est posé, très réfléchi, minutieux et surtout approche de la cinquantaine. Si l'intérêt est seulement l'argent pour Le Manchot, on découvre au fur à mesure de l'histoire que les intentions de Mortimer sont beaucoup plus intimes. Même si la psychologie n'est pas d'un très grand niveau, elle permet d'apporter un certain relief au film que ne possédait pas Pour une poignée de dollars.
D'ailleurs, c'est la première fois que Sergio Leone utilise le flash-back comme outil. Outil explicitant les événements passées et qui ont poussé les personnages à en arriver là. On retrouvera ce système quelques années plus tard avec le chef-d'oeuvre, Il était une fois dans l'ouest. Dans le présent film, il permet de comprendre l'attachement du méchant à sa montre. A l'évocation de ce souvenir, "L'indien" en ressort complétement épuisé comme l'après d'un acte sexuel.
Ces petit plus sur les personnages font de ce deuxième opus de la trilogie du dollars un film bien meilleur que le précédent. Cependant, ce n'est pas tout...

On retrouve ici la mise en scène Sergio leone, presque à son paroxysme. A peine perceptible ( j'exagère un peu) dans Pour une poignée de dollars, elle est complétement identifiable dans ce film. On retrouve le timing de ces longues scènes où les personnages se toisent, plan panoramique suivit d'un gros plan sur les visages des protagonistes, mais aussi l'espace du duel, un cercle ( signifiant peut-être la vie et la mort jouant dans la même cour), qu'on retrouvera dans Le Bon, La Brute et Le Truand mais aussi dans Il était une fois dans L'Ouest.
Un soin est également apporté sur les décors. Sergio Leone voulait ancrer son histoire dans un réalisme ( réalisme que le Monsieur stylise à mort) qui apporte un certain cachet visuel au film. Les armes du film ont vraiment existé et Sergio Leone s'est beaucoup documenté sur les chasseurs de primes.
Un autre point important du film dont je suis obligé de parler, la musique. Hésitant dans le premier, Ennio Morricone livre ici une composition sans faute et inoubliable qui colle parfaitement aux scènes du film. Petite préférence pour le thème de la montre qui apporte un souffle épique au duel final.

Un film nettement supérieur au précédent qui offre des moments mémorables. Des acteurs qui ont de la gueule et une décomplexification totale face à la morale de l'époque. La vengeance est bel et bien un plat qui se mange froid chez Sergio Leone.




Publié dans Critiques

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