Scream 4

Publié le par Herodonte



Synopsis : 10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.
Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.

Mon avis :

Il revient au bout de 11 ans. Ghostface est bel et bien de retour et l'attente était devenue insupportable pour les fans de cette saga, de ce tueur populaire. En 1996, Wes Craven, maître de l'horreur et du suspense, réinvente le slaher ou en tout cas dynamite les codes en faisant une mise en abîme intéressante du genre à travers les personnages, des passionnés de films d'horreur. Cela donnait un suspense et une tension extraordinaire car le spectateur ne pouvait prédire à l'avance ce qui allait se dérouler devant ses yeux. Malheureusement, le succès populaire de Scream engendre deux autres suites fonctionnant sur le même principe mais dont la force était beaucoup moins forte à cause d'un humour prenant de plus en plus de place et qui anesthésiait la tension dramatique. Le summum du ridicule étant Scream 3... Scream 4 est-il une réussite ? Un retour réussi ? Je suis plutôt partagé.

   Retour à Woodsboro. Rien n'a changé ou presque. Dewey et Gale sont mariés. La jeunesse a également changé tout comme les films d'horreur. Cependant, les lieux n'ont pas changés. Le temps n'a eu aucune prise sur cette petite ville américaine. Sydney Prescott revient pour y faire la promotion d'un livre sur sa vie et certains évènements vont la rattraper. Ghostface refait surface et commence sa série de meurtres.
D'une séquence d'ouverture admirable ( la mise en abyme d'une mise en abyme d'une autre mise en abyme), on passe très vite à du moins bon. Le film va suivre la droite lignée des deux derniers opus.

   En effet, Scream 4 est son propre remake, sa propre suite mais surtout sa propre parodie. Là où l'humour était plutôt bien partagé dans le premier et, dans une moindre mesure, le second volet, ce Scream plonge dans l'humour tout le temps. On rit plus que l'on frissonne à la vue du tueur. Et c'est bien triste pour les gens comme moi qui préfèrent ressentir une véritable tension que d'assister à une farce sanguinolente. Si encore l'humour était d'une grande finesse mais ce n'est pas le cas. La réplique " Fuck Bruce Willis" d'un flic se faisant tuer m'a achevé... Dans le mauvais sens du terme.
Si je parle de remake c'est que le tueur l'envisage sous cette forme. Il veut remettre au goût du jour les meutres du premier opus. On aperçoit donc des personnages ressemblants à ceux du premier. Jill ( Emma Roberts) joue le rôle de Sydney. Trevor ( Nico Tortorella) joue le rôle du copain suspect et ainsi de suite. Il s'ensuit alors pendant la majorité du film d'une réflexion sur les remakes,reboot mais aussi les "tortures porn" ( Saw, Hostel) intéressante par le regard moqueur que Wes Craven pose sur l'évolution du genre. Cependant, ce regard moqueur est agaçant parce que cela donne à Wes Craven un côté réactionnaire désagréable et surtout un cynisme désespérant puisque lui aussi apporte à son tour un peu plus de gore à une franchise qui ne l'était pas. Pour exemple, souvenez-vous de la chambre après le meurtre "de la penderie". Cela ne ressemble pas aux précédents Scream.

Emma Roberts. SND

   Comme dans le premier Scream, Wes Craven porte un regard sur la jeunesse. Dans le premier, il faisait état d'une jeunesse s'habituant de plus en plus à la violence au cinéma. Une dizaines d'années plus tard, la jeunesse change. Elle a d'autres préoccupations, d'autres terrains où elle peut s'exprimer. Le réalisateur aborde des thèmes comme les réseaux sociales, la télé-réalité, la célébrité facile. Si le traitement n'est pas d'une folle originalité, il faut avouer qu'il touche au bon endroit. Il suffit de regarder ce qu'on nous donne à voir à la télé. Le récent Carré Viip est un bon exemple. Des abrutis voulant devenir des célébrités alors qu'ils n'ont aucun talent...

   Il faut également reconnaître que Craven n'est pas très inspiré. Les meurtres ne sont pas très impressionnants. On est bien loin de la scène d'ouverture magistrale du premier Scream. Comme je l'ai dis plus haut, la tension est quasi-inexistante à cause d'un humour trop présent. Malgré tout, il reste quelques passages qui en valent la peine.
Je tiens à dire que j'ai été surpris par Hayden Panettiere que je trouve excellent dans l'ensemble du film et surtout dans la ( bonne) scène de "quiz téléphonique". Ce qui n'est pas le cas des piliers de la saga. David Arquette et son ex-femme Courteney Cox sont pitoyables. Neve Campbell et ses yeux plissés constamment pour simuler la joie ou la peur... Ce n'est plus possible.

Pour conclure, Scream 4 est un agréable divertissement qui n'a plus grand-chose à voir avec l'ambiance du premier. On sursaute un peu et on rigole beaucoup. Ma déception reste la fin du film qui tombe dans le grand guignolesque avec une erreur stupide de l'assassin ( et surtout l'incohérence du scénario). J'étais beaucoup plus favorable à une fin laissant place à la nouvelle génération. Cela aurait pu donner un bon coup de pied à Ghostface. Seulement Wes Craven en a décidé autrement et il nous montre alors qu'il n'est qu'un "vieux con" et que sa méthode commence à s'essouffler.

SND



Publié dans Critiques

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Hérodonte 03/05/2011 19:45

C'est surtout le premier sui est excellent et que j'apprécie énormément. Le reste est oubliable.

Chris 02/05/2011 22:17

N'étant pas un aficionados forcené je suis resté passablement insensible au propos : ni rigolé, ni eu peur.