Seven Swords

Publié le par Herodonte

Pathé Distribution

Synopsis : A l'aube des années 1660, la Mandchourie annexe la Chine pour y installer la dynastie Ching. A la suite des multiples insurrections contre le gouvernement, ce dernier interdit l'étude et l'exercice des arts martiaux afin de maintenir l'ordre et la discipline dans le pays. Fire-wind, chef militaire de la dynastie antérieure, se dit qu'en aidant le gouvernement à faire appliquer la nouvelle loi il parviendra à s'enrichir rapidement. Il a projeté de s'attaquer à la dernière ville frontière, petite bourgade du nom de Martial Village, dont les habitants sont réputés rebelles et courageux.
Fu Qingzhu tente de mettre un terme à cette boucherie et décide de sauver Martial Village. Il convainc deux habitants de l'accompagner jusqu'au Mont Heaven pour solliciter l'appui de Maître Shadow-Glow. Ce dernier leur vient en aide et ordonne à quatre de ses meilleurs disciples de partir.

Mon avis :

Tsui Hark, réalisateur de l'honorable trilogie Il était une fois en Chine et du moyen Time and Tide, livre en 2005 ce film de wuxia ( film de sabre chinois) moderne dont il fut l'expert quelques années auparavant avec des films comme The Blade. Avec Seven Swords, le réalisateur a voulu moderniser ce genre en s'appuyant sur des cultures populaires immergentes telles que les mangas ou les jeux-vidéos. Malhereusement, le résultat n'est pas convaincant, faute à un problème important dans la narration, dans le montage.

Tout d'abord, l'histoire fait évidemment penser au magnifique film d'Akira Kurosawa, les sept samourais, mais dans un contexte chinois. Contexte dont le réalisateur se fout totalement. Toute la partie historique est à peine évoquée. C'est vraiment dommage puisque cela aurait pu le démarquer de son aîné.

Le gros problème de Seven Swords est la narration. On comprend sans comprendre. Le début est assez bordélique. Tout s'enchaîne sans véritable explication. Le personnage féminin principal, Wu Yuanyin, est sauvé par un étrange personnage qui se trouve au bord de la mort après avoir lutté contre les mercenaires. Elle décide de le ramener au village MAIS un des villageois découvre que cet étrange personnage, Fu, est en réalité un ancien tortionnaire du gouvernement précédent alors ils décident de le pendre. Mais la fille qui a été sauvé par l'homme ne veut pas le voir mourir parce que c'est pas bien et qu'il est blessé alors avec l'aide de Zhibang, un ami, elle libère le fameux Fu et l'emmène loin MAIS en route le viel homme, Fu, dit qu'il faut aller au Mont Céleste... Alors ils y vont.
Voilà comment la première demi-heure s'enchaîne. On ne comprend pas qui sont les personnages, quelles sont les liens qui les unissent et surtout pourquoi la jeune femme décide de l'emmener au Mont Céleste alors que le vieil homme ne lui précise alors rien. A ce moment-là, le film manque cruellement de logique.
Logique qui aura des hauts et des bas par la suite puisque on voit l'arrivée des sept épées et donc des sept combattants. On voit où veut en venir Tsui Hark quand il fait sept épées identiques à leurs propriétaires mais encore à cause du montage et donc de la narration, on a dû mal à les associer instinctivement. Il faut attendre la fin du film et les bonus du dvd collector pour se dire qu'effectivement, il y a eu un vrai travail dessus. Il y a pleins de petites choses comme ça.
L'exemple où Zhibang doit abandonner son cheval est flagrante. D'un coup, on apprend que c'est son cheval adoré et que ça lui crève le coeur alors qu'auparavant aucune allusion n'a été faite dessus. Comment  voulez-vous que le spectateur se sent concerné par ce qui se passe devant ses yeux ?!

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Ensuite, la réalisation.La réalisation de Tsui Hark, dans ce film en tout cas, est un mélange de clichés qu'on a vu maintes fois dans ce genre de films avec une certaine virtuosité par moment. Je m'explique.
Dans la façon de filmer les combats, il est plutôt bon. On ne perd pas le fil et surtout c'est très dynamique. On ne s'ennuie pas. Malheureusement, Tsui Hark essaie aussi d'instaurer une certaine tension avant certains combats comme ceux de Sergio Leone dans sa fameuse trilogie du Dollar. Cela ne marche pas sauf pour une séquence que je trouve très belle esthétiquement, il y a une petite trouvaille pour représenter les vibrations que produit l'épée Chimère, celle du combat entre Zhaonan et la guerrière à la coiffure improbable qui tient un otage. Là, on sent une véritable inspiration. Cette séquence est vraiment réussie mais elle ne se répétera pas.
Il y a également les scènes intimistes où il arrive presque à toucher le spectateur par cette caméra à la fois proche des personnages mais qui se cache à travers les différents éléments du décor. Cependant, c'est parfois gâché par des niaiseries, des lourdeurs dans les dialogues.

Je parlais de l'esthétisme et il faut le dire que c'est plutôt beau. Les paysages sont magnifiques, la photographie aussi malgré une faute de goût dans la scène d'amour entre Zhaonan et l'ancienne esclave du méchant de l'histoire mais sinon c'est un bonheur à regarder.
Dernier point que j'aimerais soulever concerne la musique. Elle a beau être bonne, je la trouve en total inadéquation avec les images. La musique ne sublime jamais les images et cela nuit au film, avec ses autres défauts, puisque c'est souvent la musique qui apporte un souffle épique à un long-métrage. Ce n'est jamais le cas. Je pense sincèrement que Kenji Kawai, le compositeur de Ghost in the shell quand même, a raté son sujet.

Pour finir, je dirais juste que Seven Swords est raté à cause des nombreuses coupures que l'on sent tout le long du film. On regarde alors une histoire décousue, incohérente dont on se fiche royalement. A part quelques séquences et une certaine beauté visuelle, il n'y a rien à en tirer. Quand on entend dire de Tarantino, un autre réalisateur médiocre, que Tsui Hark est le meilleur réalisateur vivant, on a envie de lui dire de se calmer et de regarder un peu plus de films...

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Publié dans Critiques

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