Sleeping Beauty

Publié le par Hérodonte

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Mon avis
:

Il y a des projets qui donnent l'eau à la bouche avec seulement un pitch ("Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l'a oublié au réveil.") et quelques images. Et puis, ces projets sont parfois sous la protection d'un grand mécène ( Jane Campion) et possèdent même une aura sulfureuse ( "incitation à la prostitution" et donc une interdiction aux moins de 16 ans) avant la sortie. Sleeping Beauty de Julian Leigh ( également scénariste) fait partie de ces projets. Mais, il arrive que cette excitation "cinéphilique", pleines de bonnes intentions, se retrouve réduite à néant au bout de quelques minutes. Sleeping Beauty fait partie de ces films.

   Lucy est une jeune étudiante qui multiplie les petits boulots pour joindre les deux bouts. Elle répond à une étrange annonce et rejoint un monde où des femmes dénudées servent des riches pendant des dîners. Au fur et à mesure, Lucy va plus loin et devient une princesse endormie face aux fantasmes (sans pénétration) de ces hommes puissants; socialement parlant.
Cette histoire intrigante mais longue à se mettre en place finit par lasser le spectateur à cause d'une multitudes de thèmes. Des thèmes nombreux, non-aboutis et, c'est complétement personnel, non-compris. On se demande si le film parle de la mort et de la projection que Lucy peut en faire (les scènes de sommeil, la fin ou encore la phrase de la protagoniste " La mort est une vaste blague"), si il parle de la sacralisation du corps ("Votre vagin est un temple" dit l'employeur à Lucy) ou de sa désacralisation comme corps-objet ( " Mon vagin n'est pas un temple" lui répond Lucy, son boulot comme cobaye dans un laboratoire, fantasmes masculin ). On se demande si la réalisatrice essaie d'érotiser son personnage ( la lingerie blanche, le lavement de pieds) ou justement de le "dés-érotiser" ( la scène où elle dit directement à un inconnu qu'elle veut le sucer). Est-ce tout cela à la fois ?! Julian Liegh lance tous ses sujets sans les approfondir, ça part dans tous les sens et cela donne une impression désagréable de boulbi-boulga. Et la dualité constante des thèmes n'aide pas à s'y retrouver. Pire même, elle exclut, pour mon plus grand malheur, la question social. Le côté "vie étudiante", on s'y attarde pas du tout par exemple. C'est regrettable.

   Malheureusement, les ennuis s'enchaînent pour Sleeping Beauty. Excepté, le problème de fond. Il y aussi celui de la forme.
C'est très lent, très poseur, musique absente ou presque, faussement maniériste. On dirait une caricature d'un film d'auteur prétentieux. Les plans ont un air agaçant de déjà-vu. Visuellement, si il y un travail sur la nuance de couleurs, c'est laid. La mise en scène fout le camp et installe une torpeur générale dans la salle. On s'endort tout comme la pauvre Emily Browning, gracieuse et fragile, qui peine réellement à nous montrer ses talents d'actrice. Comme dans le film de Zack Snyder, Sucker Punch, elle n'est qu'un pantin au profit d'un système.


Sleeping Beauty est une grosse déception. Cependant, c'est le premier long-métrage de Madame Leigh et elle a peut-être été dépasser par son scénario complexe. Le deuxième essai sera surement le bon...

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1 e¦ütoile

Publié dans Critiques

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Commenter cet article

selenie 03/12/2011 14:54

En effet une déception... Mixte entre "Eyes wide shut" et "Belle de jour" mais très vite on s'aperçoit que la forme aseptisé confirme bien le vide du scénario (les difficultés sur le financement
des études est seulement un prétexte)... 0/4