Sucker Punch

Publié le par Herodonte



Synopsis : Fermez les yeux. Libérez-vous l'esprit. Rien ne vous prépare à ce qui va suivre.
Bienvenue dans l'imaginaire débordant d'une jeune fille dont les rêves sont la seule échappatoire à sa vie cauchemardesque… S'affranchissant des contraintes de temps et d'espace, elle est libre d'aller là où l'entraîne son imagination, jusqu'à brouiller la frontière entre réalité et fantasme…
Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s'unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski – avant que le mystérieux High Roller ne vienne s'emparer de Babydoll.
Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l'aide d'un Sage. Mais ce n'est qu'à ce prix qu'elles pourront – peut-être – recouvrer la liberté…

Mon avis :

Zack Snyder est un réalisateur qui ne plait pas à tout le monde mais qui a le mérite d'aller souvent jusqu'au bout de ses idées, de son délire. Sucker Punch est dans cette droite lignée. Pour le meilleur et aussi pour le pire.

   Dès l'introduction, on sait que l'on est dans un film de Zack Snyder. Ralentis omniprésents, musique assourdissante, esthétisme travaillé un peu vulgaire. Mais on reste dans le meilleur puisque tout cela s'agence parfaitement. Cette scène qui commence sur un remix de Sweet Dreams montre alors l'héroïne principale en proie à la fureur de son beau-père alcoolique qui s'en prend à sa jeune sœur. Dans une sublime ambiance sombre, on la regarde munie de la rage du désespoir tenté de sauver sa sœur. les ralentis présents rajoutent une tension incroyable au drame qui va se dérouler devant nos yeux. Dans un final déchirant où elle constate la mort de sa soeur, L'héroïne se retrouve enfermé dans un asile psychiatrique par la fourberie de son père. Introduction épuisante où l'on se dit qu'on touche peut-être à un grand film. Évidemment, cet excellent point de départ ne sera jamais - ou rarement - confirmé par la suite.

Emily Browning. Warner Bros. France

   Pour pouvoir s'échapper de l'asile, elle doit réunir 5 artefacts ( une clé, un briquet, une carte, un couteau et une chose mystérieuse) lui permettant de réussir. Pour cela, aidé de quatre filles de l'asile, elle danse pour attirer l'attention des gardes et du médecin en chef, Blue, pour pouvoir récupérer tout ça. Chaque artefact vaut une danse et chaque danse amène un monde imaginaire où les filles doivent se battre pour réussir passant d'un monde de samouraïs à un monde d'héroic-fantasy ( simulacre du Seigneur des anneaux) ou encore une plongée dans les tranchées avec des zombies nazis. Il faut savoir qu'on ne voit jamais les danses. On a le droit à un gros plan sur Babydoll ( Emily Browning) puis à un petit travelling circulaire pour voir le monde où l'action va prendre place.
La première chose qui frappe est la narration. Elle donne l'impression de venir de jeux-vidéos classique. Prendre l'objet 1 pour pouvoir aller au niveau 2, en somme. Et le principal problème de ce type de narration est la routine qu'elle installe de par sa répétition.  Une danse=un niveau et quand on a compris ça, on commence à s'installer trop confortablement dans un récit qui ne surprend jamais.
L'autre soucis est que Zack Snyder fait du clip. Chaque monde possède sa propre chanson qui passe, qui passe à n'en plus finir. Cela donne l'impression désagréable de regarder un clip sur MTV. Des chansons remixées provenant de la culture pop punk et j'en passe, ce n'est pas toujours réussi comme le Search and Destroy de Iggy Pop and the stooges. Cette nouvelle version remise à l'ordre du jour est réellement laide.

   Pour être franc, on attend les scènes d'actions comme une délivrance d'une narration lourde. On a le droit à des gunfights plutôt prenant, pas toujours maîtrisés (par exemple, les scènes dans les tranchées. On remarque que Snyder ne sait pas comment placer sa caméra) mais plutôt jouissif de par l'ampleur qu'ils ont mais aussi par les jolies filles qui tuent à tour de bras des centaines d'ennemis. Je note tout de même le plan-séquence dans le train où elles affrontent une horde de robots que je trouve assez impressionnant même si quelques passages frôlent le grand n'importe quoi.
Ce grand n'importe quoi se retrouve dans l'univers de Zack Snyder. Univers mélangeant les jeux-vidéos,mangas, l'héroic-fantasy, l'univers Steam-punk. Ces mélanges créent une overdose qui finit par faire vomir. Car ces mélanges s'accompagnent également d'un visuel souvent vulgaire, souvent laid et rarement beau. C'est assez étrange venant d'un réalisateur qui, par le passé, a fait beaucoup mieux.

Abbie Cornish, Jena Malone et Vanessa Hudgens. Warner Bros. France

   Cependant, je dois avouer avoir une certaine fascination pour Sucker Punch. Une fascination qui me pousse à envisager de le revoir  puisque je n'arrête pas d'y penser. Cette obsession doit venir de l'ambiance générale qui est très sombre. Une noirceur qui susurre aux spectateurs qu'il n'y a pas d'espoirs pour ces filles qui se battent contre un univers masculin qui les privent de leur liberté. C'est vraiment bouleversant de voir Babydoll se dresser devant eux en sachant qu'elle va surement se faire frapper,violer. Ce désespoir plane sur tout le film et lui donne une certaine force que j'ai du mal à expliquer.

   Après tout ce que je viens de dire, il y a un constat à faire sur la méthode Snyder. Elle atteint sa limite dans Sucker Punch. Les ralentis sont souvent inutiles ( alors que je les trouve logique dans 300 ou Watchmen), le délire visuel qui frôle vraiment la laideur alors qu'avant il arrivait à ne pas dépasser cette limite entre le magnifique et le kitsch. Une voix-off lourde qui assène des leçons de vie niaises, des dialogues mauvais et surtout son incapacité à faire un excellent film sans un matériau d'origine solide car Sucker Punch ne vient pas d'une adaptation ou d'un remake mais bel et bien du réalisateur. Les lacunes se sentent énormément. Et ce n'est pas le twist final, qui n'apporte absolument rien, qui me contredira.

En résumé, Sucker Punch est une bonne idée sur le papier. Malheureusement, tout ces mélanges ( mangas, BD, jeux-vidéos, héroic-fantasy+ d'autres genres comme le thriller) donnent un aspect indigeste à l'ensemble. Mais je dois avouer que l'ambiance m'aide beaucoup à faire passer la pilule et que les scènes d'actions sont souvent à la hauteur des espérances.

Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens & Jamie Chung. Warner Bros. France


Publié dans Critiques

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