The Dark Knight Rises

Publié le par Hérodonte

 

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De nos jours, il est toujours un peu difficile de parler de Christopher Nolan quand on veut nuancer quelque peu le talent qu'on lui prête un peu partout dans la presse et sur la toile. La sortie de The Dark Knight Rises, conclusion de la trilogie Batman, est le parfait prétexte pour revenir sur le réalisateur britannique.
Huit années ont passé depuis Batman : The Dark Knight, Gotham est une ville où la délinquance a baissé grâce aux lois Dent. Huit années où la chauve-souris n'est pas réapparue, accusée du meurtre de Harvey Dent. Mais un nouvel ennemi apparaît. Bane. Devant la terreur que sème ce dernier, Bruce Wayne n'a pas le choix. Reprendre le masque. Mais cela ne sera pas une partie de plaisir face à l'un des ennemis les plus coriace que Batman aura à affronter.
Après le très moyen Inception qui englobait toutes les tares de Nolan (musique pompière omni-présente, esbroufe du scénario enrobé d'un montage tout aussi artificiel, faiblesse criante à filmer les scènes d'action), on pouvait craindre pour ce troisième opus. Il semblait alors avoir été atteint du syndrome « Shyamalan », c'est à dire du petit malin dont les bases du cinéma ne repose essentiellement que sur de l'artifice (même si en tant que mise en scène pure, Shyamalan est plus intéressant). Qu'en est-il de The Dark Knight Rises ?

 

Tout d'abord, il faut reconnaître à cette trilogie une véritable continuité dans les propos qu'elle tient. Dès Begins, à travers la métaphore de Gotham, Nolan dissertait de façon plus ou moins intéressante sur la décadence de la société américaine et de manière globale sur notre civilisation occidentale. Laissant entrevoir avec le Joker qu'elle allait à tout jamais s'éteindre dans le chaos pour ne jamais se relever. Bane apporte une conclusion... Qui ne vient jamais. En effet, le réalisateur ne répond jamais à sa problématique ( et ce n'est pas le discours faussement politique de Bane qui va me contredire) révélant ainsi la vacuité de son propos qui s'allonge tout de même sur trois films... Trilogie contemporaine d'un réalisateur contemporain qui ne saisit en rien les aspirations du moment. Premier raté.
Cependant, il serait dommage de réduire la force du scénario au thème de la décadence. L'évolution logique de Bruce Wayne (Christian Bale) sombrant dans la dépression la plus noire ainsi que sa relation avec Alfred (Michael Caine) est tout de même bien ficelé même si l'émotion ne vient pas toujours à cause d'un film trop bavard et d'une musique un brin envahissante. Seul un moment de grâce parvient à effleurer nos cœurs endurcis par des années de « cinéphilie », les dernières lignes échangées entre Batman et Gordon. Pour le reste de la galerie des personnages, c'est assez inégale. Le grand méchant Bane (Tom Hardy) est charismatique, beaucoup plus profond et intelligent que sa carrure laisser à priori penser. Le parfait méchant face au « Croisé Masqué ». Dans le moins bon, Selina Kyle (Anne Hathaway) AKA Catwoman est fade, sans réelle consistance. Le personnage est uniquement présent pour faire avancer le scénario à des moments-clés. Petite surprise, Joseph Gordon-Levitt arrive à rendre attrayant un personnage aussi casse-gueule que Blake. Félicitations.
Globalement, le scénario souffre des imperfections cités plus haut. Cela donne un ensemble décousu, pas toujours crédible ( la séquence de la « prison » façon Jedi détonne avec le ton réaliste de la trilogie de Nolan), très perfectible. Le scénario qui est, usuellement, le point fort des frères Nolan et de l'ami David S. Goyer ne l'est pas vraiment ici. Ce qui le démontre le mieux est l'utilisation des rebondissements. Si dans les œuvres précédentes, les rebondissements n'étaient pas toujours utiles et dynamitaient faussement la trame narrative, ils étaient utiliser parfaitement. Dans Rises, ils arrivent comme un cheveu sur la soupe. Prenez par exemple le dernier coup de théâtre.

 

Néanmoins, si le scénario marque le pas. Le rythme et le spectacle beaucoup moins.
Tout s'enchaine à un rythme effréné (trop, peut-être?!) donnant aux spectateurs du spectacle d'excellent niveau. Si Nolan montre toujours des faiblesses évidente pour mettre en scène de l'action (la course-poursuite de fin, par exemple), il parvient à offrir quelques grands moments comme la première confrontation Bane/Batman, le chaos ambiant dans Gotham ou tout simplement l'introduction du personnage Bane reflétant parfaitement toutes ses aptitudes. Mais, il y a toujours un mais, ce spectacle est parfois gâché par la musique de Hans Zimmer qui est d'une platitude sans nom, sans inspiration. Le comble du ridicule est la scène du « sacrifice », il ose nous mettre une musique pleurnicharde à souhait accompagnée des chants d'une femme aux abois... C'est absolument ridicule. L'héritage de Gladiator a de beaux jours devant lui. Malgré cela, ne boudons pas trop notre plaisir. Rises est dans le haut panier du divertissement de cette année 2012.


Cette trilogie finit comme elle commence. De manière un peu bancale mais avec un certain panache. La fin reste convenue, prévisible mais cela n'entache en rien la qualité globale de cette saga qui est d'une excellente facture. Il manque toujours ce petit quelque chose à Christopher Nolan pour faire un grand film. Un réel talent peut-être...

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3 e¦ütoiles

Christopher Nolan par Hérodonte : Following, Memento, Insomnia, Le Prestige, Batman Begins, Batman : The Dark Knight, Inception

Publié dans Critiques

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Cinéman 04/08/2012 13:54

Critique très intéressante.
Sans être parfait, TDKR est pour moi une brillante conclusion pour cette trilogie qui aura redonné à Batman ses lettres de noblesse cinématographiques.
J'ai une légère préférence pour Batman Begins, que je trouve plus émouvant, mais chapeau Nolan pour cette fin idéale !
Ma critique est ici : http://entre-deux-films.over-blog.com/article-the-dark-knight-rises-ma-critique-du-film-108650443.html
Une petite analyse personnelle de la fin de la trilogie Nolan :
http://entre-deux-films.over-blog.com/article-le-batman-demasque-explications-et-reflexions-sur-la-fin-de-the-dark-knight-rises-108715524.html
Au plaisir de vous lire et de vous voir sur mon blog.

selenie 28/07/2012 18:22

Première fois que je trouve un troisième opus comme le meilleur de la saga. Certe quelques incohérences (que je précisent dans ma critique) gâchent cette apothéose mais ça reste un très grand
film... 3/4