The Tree of Life

Publié le par Herodonte

EuropaCorp Distribution

Synopsis : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Mon avis :

The Tree of Life est un film attendu depuis des années et des années par des millions de personnes qui apprécient le travail du réalisateur le plus secret de tous les temps, Terrence Malick. La plupart de ses oeuvres sont fortes, émouvantes, sublimes et touchent à quelque chose que j'aime appeler "Grâce". La Ligne Rouge étant le summum de son art ( Le Nouveau Monde est un brin en dessous) que j'ai revu récemment dans une édition blu-ray de toute beauté. C'est donc prêt, frais et disponible que je me rends dans ma salle de cinéma pour voir la "bête". Le constat est le suivant: faire la critique va être très difficile tellement Malick s'échappe de tous les schémas traditionnels. Mais je vais essayer et parce que je dois le faire au vu de certaines critiques qui font preuve d'une bonne dose de mauvaise foi.

   Tout commence par la mort d'un des trois frères, on constate alors la réaction des trois protagonistes principaux que sont le père/Père ( un Brad Pitt parfait), la mère/Mère ( Jessica Chastain, la douceur et la beauté incarnée) et l'un des frères ( Sean Penn). Dans une narration complétement éclatée, déstructurée, on assiste aux souvenirs des années 50 de cette famille catholique de l'Amérique - un peu - profonde avant d'admirer dans une séquence incroyable par sa magnificence, sa puissance et sur du Preisner la création du monde et de la vie pour revenir jusqu'à la fin ou presque ( la séquence des dinosaures) sur cette famille.
Terrence Malick fait le pari de parler, à travers ce microcosme familiale, de la Nature, de l'universalité. Et c'est la grande force du film de mélanger l'intime et le Monde. Pour parvenir à nous toucher, pour parvenir à nous montrer que nous faisons partie de cet ensemble gigantesque ( Courte focale qui accentue la profondeur de champs et qui rend l'Homme comme écraser par ce qui l'entoure et surtout microscopique), que nous agissons sur cet ensemble.
Autant le dire, je n'ai pas tout saisi. Mais j'ai été happé par les images sublimes, d'une beauté et d'un naturel rare. Des images sensuelles sur la Création, la Mort, la Nature nos vies, nos errements, nos questionnements ou tout simplement d'une Jessica Chastain se lavant les pieds avec un tuyau d'arrosage ( je suis loin d'être fétichiste mais cette scène m'émeut) ou encore d'un dinosaure laissant la vie sauve à un autre. Une scène qui peut avoir plusieurs sens que j'ai pris comme étant le début de la compréhension du bien et du mal que nous pouvons faire. Elle est primordiale puisqu'elle est à mettre en relation avec les forces qui s'animent en nous, autour de nous, en Jack, entre sa mère et son père.
J'ai apprécié ce voyage parce qu'il est fascinant et apaisant. Apaisant parce que d'une certaine manière il réconforte face à la mort même si il ne fait que poser des questions sans y répondre tout comme dans La Ligne Rouge. Fascinant par les images, les raisonnements, par une violence sourde mais palpable, par le son du vent se faufilant entre les arbres. C'est bouleversant mais apaisant. C'est vraiment ma sensation principale à la sortie du film comme si, tout comme Jack, je me réconciliai ( pour un temps, malheureusement) avec le Monde. Apaisant.
Malick voit de la beauté partout, même dans la mort. Cette prise de conscience nous arrive trop rarement. Et encore une fois, tout comme Jack, j'ai souri. J'ai souri en regardant autour de moi, ressentant le poids et l'immensité d'un ensemble qui m'échappe surement. Mais en reconnaissant sa beauté.
The Tree of Life est une expérience difficile à expliquer. Une sorte de tropisme de 2h30. Inexplicable...


   Cette critique, tout comme le film, est peu ordonnée mais c'est de l'ordre de la sensation et je ne pense pas parvenir à mieux. La mise en scène est extraordinaire et la photographie est inouïe. L'un des plus beaux (Le ?) film que j'ai vu de toute ma vie.

Brad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution

En lisant d'autres critiques sur les blogs de certains camarades, j'ai l'impression d'assister à un lynchage. On n'a le droit de ne pas aimer mais certains arguments avancés me semblent faux.
Tout d'abord, Malick veut faire son Kubrick. Ça, on n'en sait absolument rien. Le Monsieur donne une interview tous les deux millénaires. Et surtout, il a son propre style.
Ensuite, j'ai pu lire que c'était un prétentieux. Tellement prétentieux qu'on ne le voit jamais, ne commente jamais ses films et laisse tomber le cinéma pendant plus de 20 ans...
J'ai lu également que les images ressemblaient à un Screensaver Windows. Là, je pense qu'on est dans la mauvaise foi intégrale...
Enfin, il y a le problème de la religion qui revient souvent dans le film et dans les critiques. Personnellement, je trouve qu'il est évident que Terrence Malick ne fait pas de prosélytisme, que cette "notion" fait partie de l'ensemble... Cela dérange personne qu'on déifie de manière stupide la nature ( Avatar en est le plus bel exemple) alors que l'Homme, de tous les temps, cherche à s'en extraire et non à y revenir mais dés qu'on évoque Dieu, c'est le branle-bas de combat des "laicards". Je ne suis pas croyant mais si on ne peut plus évoquer la religion, ou alors seulement en se moquant d'elle et montrant ses travers, je trouve certains étroits d'esprits.
Je finis ( ou pas :D ) sur un autre reproche: le fil narratif et l'histoire. J'ai vu que pour certains, il n'y avait pas d'histoire. Premièrement, il y en a une. L'histoire de cette famille couplée avec celle du Monde ( et tout ce qui l'entoure). Deuxièmement, je pense que certains ont été perdu à cause d'un schéma narratif inhabituel faisant appel à des réminiscences mais pourtant compréhensible. J'ai envie de dire facilement compréhensible. 

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Publié dans Critiques

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Ben 12/06/2011 11:07

Ah un partisan de the Tree Of Life, ça fait plaisir ! :)

Hérodonte 02/06/2011 18:39

@Christophe: Pour Sean Penn, tu auras compris que ce n'est pas assez pour juger de sa performance d'où le manque d'appréciation.
Après, je suis du côté du réalisateur. Si il juge qu'il n'est pas nécessaire de rajouter des scènes avec Sean Penn, qu'il en soit ainsi. Dans un tel récit, il est difficile de savoir s'il est sous-employé. Il est sous-employé par rapport à quoi ? Sa notoriété ?! Si c'est cela, je m'en fiche. Son "rôle" est cohérent avec l'ensemble.


Pour le "brouillon", j'aurais le mettre entre guillemets. C'est une façon de dire que c'est jamais conventionnel.

Sincèrement, je trouve certains Ford esthétiquement réussi mais The Tree of Life c'est d'une autre dimension, selon moi. Et les Malick, en général.

Gabriel 02/06/2011 10:41

D'accord sur toute la ligne (rouge). Un plaisir de te lire.

Christophe 01/06/2011 11:58

"Bon, ce que je dis PAS aller dans ton sens" : il faut lire "PEUT", bien sûr...

Christophe 01/06/2011 11:57

Ne pas être linéaire ne signifie pas pour autant brouillon. Là, je le trouve ainsi. Je ne trouve de cohérence dans ce récit. Il manque un ciment opur le rendre compréhensible. Ce qu'il réussait merveilleusement dans La ligne rouge. Je ne dis pas que Ford à nu style proche de Malick. Simplement que, esthétiquement, il y des choses merveilleuses aussi chez lui. De l'ordre du pictural.
Je voudrais savoir ce que tu pense de Sean Penn ? Tu re garde de qualifier son interprétation... Tu insistes sur Pitt, Chatsain. Mais rien sur lui. Tu reconnaîtras peut-être qu'il est terriblement sous employé dans ce film. quelqu'un disait (sur Filmosphère ?) qu'il faisait un caméo dans ce film. Ce n'est pas faux... Car, à part apparaître deux ou trios minutes, l'air très las...