Polisse

Publié le par Hérodonte

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Mon avis
:

Polisse est le troisième long-métrage, après Pardonnez-moi et Le Bal des actrices, de Maiwenn Le Besco où elle retrouve finalement un de ses sujets préférés, l'enfance. Et une enfance souvent difficile. Dans Polisse, elle traite des cas de maltraitance sur des enfants à travers la BPM ( Brigade de Protection des Mineurs).


   Primé au dernier Festival de Cannes ( Prix du Jury), on peut dire que c'est partiellement mérité pour cette jeune réalisatrice de 35 ans. Mérité parce qu'elle met en image un sujet assez peu traité au cinéma et surtout à travers une "annexe" de la Police, la BPM. Mérité parce qu'elle arrive à capter l'énergie de ces policiers sans cesse confronter à des atrocités grâce à sa méthode de travail qui consiste à être troujours prêt à filmer, parfois même à l'insu des acteurs, qui donne un aspect documentaire. Un style qu'on retrouve dans ses précédents longs.
Une constatation est tout de même à faire. Polisse, en terme de "mise en scène" ( les guillemets sont importants), montre le meilleur de ce que peut faire Maiwenn ( la tension que ça peut créer, l'impression que le spectateur est avec eux etc etc) mais surtout ses limites. Il faut avouer que c'est presque le néant. Le travail sur le cadre, on s'en fout un peu. Gestion de l'espace, on s'en moque aussi. Visuellement, il y a aucun travail ( ou alors seulement quand elle se retrouve devant la caméra...). Greengrass qui adopte aussi le style "docu" théorise son travail, qu'on aime ou pas. Il travaille son espace, son cadre. Maiwenn, non. C'est un peu au petit bonheur la chance.

   Cependant, ne boudons pas totalement notre plaisir. C'est efficace. On suit ce groupe, on rit avec eux, on pleure avec eux ( pas moi, évidemment. Mais la personne qui m'accompagnait...). On vit comme eux au fil des affaires ( des affaires qui vont parfois vignettes...). Ce qui donne des scènes fortes, à la limite du cliché, comme celle de la boîte de nuit ou d'un type se sachant protéger grâce à ses connaissances haut placées. Globalement, ça fonctionne. Mais, un des défauts importants de Polisse est sa non-capacité à savoir couper au bon moment une séquence. Un défaut qui date déjà du premier long-métrage. Je garde sous le coude l'exemple de la boîte de la nuit. Sous "Stand on the World" de Keedz, on assiste à un défoulement bien mérité de ces policiers. Fred ( Joey Starr) fait ses jolis pas de danse, les autres le rejoignent dans un beau bordel corporel ( c'est seulement pour la rime...). Belle séquence qui sera gâchée par le désir d'en faire toujours plus. Elle, la réalisatrice, rajoute sa romance inutile et d'une niaiserie sans nom ( mais t'es mieux sans tes lunettes. Oh, mais tu es mieux les cheveux détachés) à la séquence. On passe du rire à l'ennui. Elle en fait beaucoup trop. Elle ne sait pas quand s'arrêter. Et c'est comme ça pendant les deux heures. L'engueulade entre Karin Viard et Marina Fois est un autre exemple qui l'illustre très bien.

   On arrive à un autre problème. Celui du personnage interprété par Maiwenn, la photographe. C'est un personnage inutile. Il n'apporte rien, plombe l'ensemble avec ses histoires d'amours et ses états d'âme. Je comprends toujours pas l’intérêt du repas de famille à part caser sa copine Lou Doillon. La scène de visage sur le balcon est affligeant. On perçoit avec certitude que nous sommes devant le travail de quelqu'un qui s'aime énormément.
Pour rester dans les personnages, on regrettera aussi, malgré la présence d'acteurs incroyables, qu'ils soient si stéréotypés. Le mec de droite, l'arabe, le dur au coeur tendre, la lesbienne... On mange à tous les räteliers là !


Polisse est prenant, intéressant sur le fond ( et encore sa naïveté permanente peut être gënante. On doit pas remettre la parole des enfants selon Maiwenn) de cette brigade mais assez navrant sur la forme. On peut également trouver douteux le regard que porte le film sur les hommes ( des brutes ou des "sans-couilles") et l'amour que se porte l'ex-femme de Luc Besson... Néanmoins, ça reste honnête (au niveau de la qualité globale) et sincère.


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3 e¦ütoiles



Publié dans Critiques

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Commenter cet article

Bob Morane 25/10/2011 17:39


Je te trouve un peu dur, même si je partage tes critiques sur certaines longueurs et scènes inutiles. Pour autant, j'ai été sensible au thème, au côté docu, et pas mal d'émotion.


Tching 25/10/2011 15:16


Ouais, à la limite, je contesterais presque l'honnêteté du film pour quelque chose que je trouve juste et que tu as écrit : Maïwenn s'aime beaucoup, elle aime beaucoup Joeystarr et puis voilà.
C'est quand même une vaste blague ce film. Si Joeystarr n'assurait pas comme il assure, j'laurais vraiment défoncé.


Hérodonte 25/10/2011 23:33



T'es sévère. Elle s'aime tellement qu'elle ne peut pas s'empêcher de se mettre en avant mais je pense que, par rapport à son enfance, ça ne peut être que sincère.